La protection des droits des enfants en Afrique, et la lutte contre les pires formes de travail.

Au niveau international, le premier traité juridiquement contraignant pour les Etats signataires concernant les droits des enfants est la convention relative aux droits de l’enfant (CDE).

Cette Convention définit leurs droits fondamentaux et aborde tous les aspects de la protection de l’enfance.

La CDE a été adoptée à l’unanimité par l’ONU lors de l’Assemblée Générale du 20 novembre 1989. Depuis, cette date-clé est devenue celle de la journée mondiale des droits de l’enfant. Le texte est aujourd’hui ratifié par tous les pays du monde, à l’exception des Etats-Unis.

Dans son article 32, la CDE estime que l’enfant a le droit d’être protégé contre tout travail mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement.

Plus récemment, en 2000 l’Organisation internationale du travail (OIT) a adopté la convention N°182 interdisant les pires formes de travail des enfants.

Au niveau régional, l’Union Africaine protège également le droit des enfants au sein de sa Charte Africaine des droits et du bien- être de l’enfant.
Cette charte s’efforce d’assurer que l’enfant reçoive une protection et participe à la jouissance de ses droits dans le contexte africain ; l’article 15 fait également référence au travail des enfants.

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Sur le plan normatif, le droit des enfants, et notamment leur protection s’agissant des pires formes de travail, est assuré. Cependant quelle est la réalité de terrain en Afrique ?

I) Focus sur le travail des enfants en Afrique1 :

L’OIT fait une distinction "entre les obligations familiales normales et le travail qui débouche sur l'exploitation et la maltraitance". Il est reconnu que la culture et les valeurs africaines permettent aux enfants de travailler dans la famille et la communauté, mais que les difficultés économiques, et autres catastrophes ont fait apparaître une nouvelle forme de travail qui est abusive et dangereuse. Les pays africains ont amorcé un début de volonté politique puisque sur 54 pays, 53 ont ratifié la convention 182 relative aux pires formes de travail des enfants.

Cependant, les dernières estimations mondiales de l’OIT sur le travail des enfants montrent qu’en Afrique, 59 millions d’enfants entre les âges de 5 et 17 ans sont impliqués dans des travaux dangereux. Plus d'un enfant sur 5 en Afrique est employé contre son gré dans des carrières de pierre, les fermes, les mines, dans les champs, dans le secteur touristique mais aussi dans les usines. La pauvreté reste la principale explication de ce phénomène.

II) Les solutions à mettre en œuvre pour lutter contre le travail des enfants.

Souvent en grande souffrance, ces enfants sont exposés à des maladies, des blessures, voire même décèdent en produisant les biens qui alimentent pourtant l’économie mondiale.

Afin de lutter contre le travail des enfants, les Etats africains pourraient mettre en place des actions ayant un impact pour leur bien- être :

- campagnes de sensibilisation sur les dangers du travail oppressif et abusif - scolarité gratuite et obligatoire - sanctions dissuasives contre ces multinationales qui emploient ces enfants par exemple - mise en place d’un système de protection sociale assurant aux populations des conditions de vie décentes

Les mesures qui permettraient d'éliminer le travail des enfants sont connues, mais nécessitent une volonté politique forte et une fiscalité efficace.

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III) Bilan d’une lutte contre le travail des enfants en Côte d’Ivoire, un exemple de bonne pratique.

Ces dernières années, les autorités ivoiriennes se sont engagées à éliminer le fléau du travail des enfants.

Entre 2012 et 2016, plus 4 000 enfants victimes ont été secourus par les autorités, et plus de 3 000 personnes (policiers, gendarmes, journalistes, préfets, maires, etc.) ont été formées sur la problématique du travail des enfants.

IV) La journée mondiale contre le travail des enfants, une journée de sensibilisation et d’espoir à grande échelle.

L'OIT a lancé la Journée mondiale contre le travail des enfants en 2002 pour attirer l'attention sur l'étendue mondiale du phénomène ainsi que les actions et les efforts nécessaires pour l'éliminer. Chaque année, le 12 juin, la journée rassemble gouvernements, employeurs, organisations du travail, la société civile, ainsi que des millions de personnes à travers le monde afin de mettre en évidence la situation des enfants qui travaillent et ce qui peut être fait pour les aider.

Emilienne Rim A Kedi

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