Quand l'Africain était L'Or Noir de L'Europe, Interview de Bwemba Bong pour Africamaat.


Le titre de l'ouvrage qui motive cette rencontre est " Quand l'africain était l'or noir de l'Europe " à paraître bientôt, « l'africain est toujours l'or noir de l'Europe même si la couleur qu'il exulte encore et toujours est plutôt le rouge, couleur du sang oublié de nos ancêtres, du sang de chacun d'entre nous, pareillement soumis au diktat, de ceux pour qui la domination du peuple noir est une idéologie de
fond ». ( Colloque de Nantes en 2000 sur le panafricanisme, page 10. )

L'enjeu principal pour le peuple noir est aujourd'hui sa libération totale, libération sans compromis du joug de l'occident, libération des fers et des entraves diverses qui stérilisent notre être, notre pensée, notre âme, notre cœur, et jusqu'à nos corps qui ne veulent pas de ce noir.

AfricaMaat refait ici référence à l'ouvrage de Bwemba Bong dans lequel il rappelle quelques définitions du monde noir selon l'occident « noir, sale, crasseux, sans luminosité, obscure, qui manifeste le pessimisme, la tristesse, le malheur, qui est inspiré de la perversité, de la méchanceté, de la colère, ce dit de ce qui est clandestin et illégal ». AfricaMaat poursuit en citant l'acte du colloque « pour mieux

[page] devenir des blancs à peaux noires, lumineux, rationnels et qui ne sont pas racistes à l'envers ». Il rajoute « car à l'endroit c'est mieux parfois », « ceux qui préfèrent être une Afrique utile, et non inutile ».


Certains voulaient ou veulent la fin de l'histoire, d'autres le choc des civilisations. Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga nous recommande à nous, peuple amnésique parmi les amnésiques, la conscience historique. Que représente pour nous la conscience historique ? Sur quoi repose t-elle ? Que commande t-elle ? Quels efforts demande t-elle ? Et quelles actions implique t-elle ?

Bwemba Bong :

Il faut que les gens intègrent que le peuple noir a une histoire unique. Lorsque les gens s'amusent à dire qu'ils n'ont pas de passé, je leur rappelle qu'il n'existe pas de générations spontanées. Que cette histoire unique, qui veut que pendant quatre siècles ( 400 ans ), que les habitants de l'Afrique continue à fuir à gauche et à droite, pendant que d'autres se construisent.

Cet état de faits a créé une telle situation de déstabilisation, à tel point que les africains ne savent même plus, qu'elles sont leurs origines, d'où ils viennent. Ils sont ainsi devenus de véritables choses que l'on peut manipuler à loisirs. La preuve en est que nous sommes le seul peuple au monde qui n'arrive pas à maîtriser les problèmes du moment. Nous restons dans une sorte de folie, pendant que les autres avancent, créent même des instruments qui sont capables de nous anéantir.

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Je crois que nous vivons dans un monde virtuel, parce que nous n'arrivons plus à rattacher à ce passé qui doit nous permettre d'avancer.

C'est comme un enfant qui serait lâché dans un désert, il ne sait pas d'où il vient, c'est comme s'il avait surgit... Parfois, j'entends des gens dire qu'ils n'ont pas souffert de l'esclavage, or prétendre cela veut dire qu'on ne sait pas que s'il n'y avait pas eu les razzias négrières, nous ne serions pas ici aujourd'hui, car nous aurions eu une nation avec notre propre langue et nous vivrions avec les autres côte à côte.

Pour moi, la rupture de la conscience historique est d'abord la perte de la mémoire de notre histoire. Nous ne savons pas d'où nous venons, nous ne savons pas non plus qui nous sommes, donc nous ne pouvons pas savoir où nous allons.

Il faut d'abord que nous récupérions cette mémoire collective de qui étaient nos ancêtres, car une fois encore, il n'y a pas de générations spontanées.

Une fois que nous aurions récupéré cette mémoire collective, nous allons commencer à nous reconstruire, et c'est après nous être reconstruit, que nous commencerons à avancer vers un futur lumineux comme les autres nations.

Aujourd'hui nous travaillons pour des nations qui nous ont toujours dominées, même à notre époque, dans des laboratoires de recherche leur donnant sans nous en rendre compte, les armes pour qu'ils viennent nous détruire.

Cela me fait dire que l'Afrique est le plus grand hôpital psychiatrique de la planète.

Résumons, récupérer notre passé, construire notre présent, pour nous propulser vers le futur. Voilà les 3 étapes nécessaires pour le peuple noir.

Ces étapes exigent que nous sortions de ces divertissements, cette diversion qui veut nous entraîner vers un universalisme dans lequel nous n'avons aucune identité.

De plus dans l'universalisme, nous n'avons rien à apporter aux autres puisque nous n'existons pas, car nous sommes niés dans toute notre dimension.

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AfricaMaat :

Peux-tu nous expliquer les trois niveaux de connaissance, que tu avais définis : la connaissance légère, la connaissance initiatique, la connaissance réelle ? Quel rôle ces 3 niveaux de connaissance doivent jouer dans la libération du peuple noir ?

B.B :

Dans l'Afrique précoloniale, il y avait des cercles dans la société où on inculquait une éducation à un être humain. Education qui lui permettait de saisir qui il était. Il devait savoir qui était l'être humain, qui était sa société, et quel était le monde qui l'entourait. Ces trois dimensions étaient très importantes. Or aujourd'hui avec la rupture de la conscience historique, nous ne savons plus ce qu'est un être humain puis que nous nous demandons si nous en sommes.

Nous ne savons plus ce qu'était notre société puisque nous allons jusqu'à nier, qu'elle ait jamais existée. Nous empruntons tout aux autres et nous n'arrivons pas à comprendre ce qu'est la dimension de l'homme dans le monde, puisque tout le monde nous écrase. Et surtout que nous allons vers les autres toujours en temps qu'esclaves et eux en temps que maîtres. Voilà un niveau de la connaissance que nous ne maîtrisons plus, étant devenus des objets dans un monde qui avance de plus en plus vite, qui se diversifie de plus en plus et qui devient de plus en plus dangereux contrairement à ce que les gens croient.

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A :

La deuxième série de questions porte plus précisément sur les razzias négrières puisque c'est le titre du livre. Les razzias négrières ne sont pas toujours rentrées dans la mémoire universelle, la noirceur reléguant comme dit Edem Kodjo, la plus importante entreprise d'avilissement et d'asservissement de l'homme, aux siècles obscurs de la civilisation et de la démocratie, dont il ne faut surtout pas perturber la marche victorieuse et le cancer généralisé. Je parle de « cancer » car il s'agit ici de préceptes occidentaux d'où encore l'importance d'écrire notre propre histoire... Le terme razzia suggère qu'il y a eu planification d'un génocide, soutenu par des pratiques et des violences organisées. Peux-tu donner les grandes lignes de ce plan ?
Peux-tu décrire les méthodes de terreur, de manipulations utilisées ?

B.B :

En vérité, j'évite toujours d'utiliser le terme de traite négrière parce que la notion de traite introduit un commerce plus ou moins.

En revanche, la notion de razzia est plus appropriée puisque c'est véritablement une technique de kidnapping. En effet, lorsque les occidentaux parlent de la traite négrière, ils veulent suggérer qu'ils sont venus acheter des marchandises, alors que dans la dimension du terme razzia, nous voyons des gens qui se sont précipités sur l'Afrique avec une violence incroyable tout simplement parce que l'africain était devenu l'or noir.

Pourquoi ? Parce que c'était l'énergie de l'époque, cette énergie il fallait l'emmener pour aller travailler dans les mines du Nouveau Monde, pour aller travailler dans les plantations des Caraïbes. Ainsi jusqu'à aujourd'hui le principe reste inchangé car lorsque les occidentaux ont besoin de pétrole d'un pays du tiers monde qui est assez faible, ils le prennent toujours par la violence.

Alors je serais très étonné et j'aimerais qu'on me démontre comment six ou sept siècles après, lorsque ELF va prendre le pétrole du Congo par la violence en faisant bombarder le palais de Lissouba, qu'on me dise comment les ancêtres de E.L.F. auraient pu aller négocier des êtres humains avec des pays africains qui militairement à l'époque étaient assez faibles. Ils n'avaient pas développé d'armements n'ayant pas cette philosophie militariste.

Donc j'aurais voulu qu'on me démontre comment il y aurait pu y avoir discussion, c'est pour cela que je parle de razzias. Les occidentaux ont détruit des empires entiers, ont désorganisé des états pour s'emparer des êtres humains dont ils avaient besoin.

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Pour cela ils ont mis en marche plusieurs systèmes, pour en citer, le système de « filhamento »
( rapt ) déjà utilisé au Moyen Age. Ils sont allés plus loin, en utilisant les méthodes de la Rome antique, organisant un marché où on vendrait des gens qui étaient devenus la monnaie, l'unité marchande de la société. Donc c'est pour cela que je parle de razzia. De mon point de vue, il n'y a jamais eu de commerce entre les européens et les rois africains, mais plutôt des actes de violence contre ces rois, pour la seule prospérité historique.

A :

Quels sont aujourd'hui les conséquences des razzias négrières sur le continent et dans la diaspora ?

B.B :

D'abord une précision, de mon point de vue il n'y a pas eu abolition de l'esclavage, mais plutôt mutation, continuation.

Il faut savoir que les razzias négrières ont été à l'origine de la révolution industrielle du XVIIIe siècle. Les occidentaux se sont rendus compte alors qu'ils avaient moins besoin de main d'œuvre noire, main d'œuvre qui devenait encombrante, dans les îles du fait des mouvements de résistance.
Ils ont dès lors préféré les cantonner en Afrique, et venir les y exploiter. Aujourd'hui de la même manière qu'on nous avait imposé le marchandage odieux des africains, on nous impose maintenant la monoculture des produits dont l'occident a besoin.
Les séquelles en sont que l'Afrique n'est plus connu que selon les besoins des occidentaux et hélas, jamais pour elle-même.


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Ses forces vives sont « parties » du XVe au XIXe siècle il est vrai, mais si nous retournons du côté des descendants de ces africains, peut-on parlé d'abolition, lorsque l'on sait que l'esclave d'hier qui coupait la canne à sucre et la banane est devenu tout simplement l'ouvrier agricole, qui n'a pas de terre, qui n'a rien.

Car c'est le béké, c'est le maître descendant des négriers d'hier qui détient encore la terre et qui le fait travailler encore.

Certes de façon moins rude mais psychologiquement, l'esclavage et la domination qui l'accompagne continue, au sein de sociétés différentes, même si on nous donne l'illusion de croire que tout le monde se côtoie.

Il faut se rendre à l'évidence, nous côtoyons des européens mais nous ne sommes pas pareils, nous ne nous marrions pas.

A :

Il y a un livre qui est paru en 2003 écrit par un occidental Jean Sevilla intitulé « Historiquement correct » et il reprend les vieilles notions racistes.

Dans son livre il prétend que l'esclavage est une tradition africaine et musulmane et que le pillage des colonies par la France est un mythe.

Est-ce historiquement correct d'affirmer la responsabilité des africains dans leur malheur et d'affirmer l'abnégation des nations occidentales ?

B.B :

L'auteur en question, je crois ne s'est pas très bien renseigné. La Grèce antique a toujours pratiqué l'esclavage, la Rome antique aussi et je le démontre d'ailleurs dans mon ouvrage.

Quant à dire que la France n'a pas pillé les colonies, je crois qu'il n'a qu'à se référer à Leroy-Beaulieu, doctrinaire de la France, qui disait que pour la France, coloniser est une question de vie ou de mort.

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Mais pour l'instant je ne suis pas très certain que la France ait été un pays très altruiste qui aurait

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pris ses biens pour aller les distribuer en Afrique.
Jusqu'à présent nous avons toujours un commerce de matières à sens unique, on prend de la bauxite, du manganèse, de l'uranium en Afrique et nous ne voyons pas ce que la France nous renvoie.

A :

Devant le cynisme de ceux pour qui la domination du peuple noir est une idéologie de fond, que devons-nous faire ? Devons-nous réagir comme certains qui disent qu'ils ne veulent pas faire de compétition entre les victimes et qui n'ont pas besoin d'agresser qui que ce soit pour commémorer leur mémoire ? Est-ce que nous devons plutôt faire comme ceux qui disent qu'on doit oublier d'où l'on vient pour rentrer dans l'universalisme ? Enfin, existe-t-il une troisième voie pour nous ? En clair, comment doit-on transmettre, conserver et commémorer dignement notre mémoire ?

B.B :

Premièrement concernant l'affaire Dieudonné, je suis très surpris que des gens qui se réclament de tradition juridique, se prononcent sur des gens dont ils n'ont pas lu le texte. Jusqu'à présent, je ne sais pas ce que Dieudonné a dit donc je ne me prononce pas là-dessus. Deuxièmement je ne me considère pas comme un intellectuel au sens où les européens, les français tout au moins l'entendent. Troisièmement je ne suis pas un nègre de service.

Tout ça pour dire que lorsque les gars rameutent leurs hommes de service, pour venir s'abreuver d'un certain discours à la mode depuis une semaine, j'aurais voulu voir ces grands humanistes, ces anti-racistes se prononcer sur d'autres dossiers. On n'a jamais vu ces gens se prononcer sur l'Apartheid, et on ne peut pas dire que l'Apartheid remonte à « mathusalème » ; personne non plus n'a discuté du Rwanda. Ils ne se prononcent que sur les bruits de fonds et les odeurs attribués aux africains ici.

Moi je crois que c'est précisément notre problème, nous voulons plaire, nous sommes des amuseurs publics et ce sont aussi les conséquences des razzias négrières. Nous voulons plaire aux gens à tel point que nous tenons volontiers un discours qui ne travaille pas pour nous réhabiliter nous même. Nous sommes tellement déstructurés que nous n'arrivons plus à voir l'intérêt collectif. Chacun pense que tant qu'il peut régler ses affaires, et qu'il peut être mis en vedette, alors c'est gagné.

Mais selon moi, le fait de même de voir notre universalisme alors qu'on est invoqué pour parler d'une communauté, ce fait fausse quelque chose. Je me demande pourquoi ce sont des noirs qu'on va chercher pour parler de Dieudonné, on avait qu'à aller chercher les blancs puisque tout est universel.

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Il n'y a pas de race, soit, anthropologiquement mais dans la réalité tout le monde se rend compte qu'il y en a, parce que ceux qui se font passer pour des universalistes, ne peuvent s'abstenir de faire remarquer qu'ils sont noirs et que quelque part, ils s'aperçoivent qu'ils n'ont peut-être pas les mêmes privilèges que tout le monde dans cette société.

Je répète que l'Afrique est le plus grand hôpital psychiatrique de la planète, nous sommes des gens qui avons perdus tout repère et on nous utilise chacun à sa façon, vous verrez que le asiatiques par exemple ne se mêlent jamais des débats de la société occidentale.

Les Noirs eux sont toujours là, à supplier ; cette démarche à mon avis relève de la névrose.

Ils supplient pour qu'on les considère comme des êtres humains, pour qu'on les regarde. Les gens qui sont bien dans leur peau n'ont pas besoin de tout cela, ils font ce qu'ils ont à faire et puis c'est tout. Ces universalistes sont des gens plus ou moins instrumentalisés et j'aimerais qu'ils viennent se prononcer sur d'autres problèmes, tels que les bruits et les odeurs.

A :

Tu as écrit un opuscule intitulé « Réflexions sur une idée africaine de libération » dans lesquelles tu disais, je cite « les multiples difficultés auxquelles s'exposerait un seul territoire africain se dressant contre la volonté multimillénaire et inébranlable de l'occident, d'écraser à jamais de peuples noirs, atteste la nécessité pour notre peuple de se retrouver ou à tout moment de faire son unité » Comment réaliser cette unité ? Comment créer un vrai patriotisme africain ?

B.B :

Nous revenons toujours essentiellement à la mémoire historique. Lorsque nous rentrons aujourd'hui sur le terrain qu'on appelle l'Afrique noire, nous ne pouvons plus voir exactement ce qui s'est passé réellement et qui nous sommes en réalité, tout simplement parce qu'il y a eu tellement de destructions.

Je rappelle que ce sont les occidentaux qui écrivent sur cette partie de l'histoire. Lorsque vous écrivez quelque chose qui va à l'encontre de la pensée officielle, il n'y aura pas un éditeur pour vous laisser parler. Donc nous devons retourner dans la vallée du Nil ; les gens vont peut-être trouver cela fastidieux, mais les occidentaux savent qu'ils descendent des grecs.

Même Karl Marx qui a écrit le « capital », proclamait haut et fort, que la civilisation grecque était plus forte que toutes les autres civilisations, refusant d'ailleurs quelque héritage de l'Égypte pharaonique.

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Donc nous devons retourner voir, interroger notre histoire parce qu'elle est encore conservée dans la vallée du Nil, à l'époque où nous n'étions pas encore ces milliards d'ethnies que les razzias négrières ont créées. En 1958, la France a demandé aux pays africains de choisir leur évolution statutaire parmi quatre solutions, devenir département d'outremer, devenir des états de la communauté, etc... Le président Sékou Touré a préféré quitter le pouvoir.

Lorsqu'il a démontré sa volonté de fonder un état indépendant, tout le monde a vu les difficultés que la France lui a causées, par des stratégies de déstabilisations quotidiennes. Remarquons aujourd'hui que les pays européens se rendent compte qu'il faut qu'ils fassent leur unité, pour affronter le monde. Je crois que ce que les africains appellent des états africains sont en réalité des plantations négrières modernisées et relookées. Par conséquent ce sont les africains qui ont encore plus intérêt à faire leur Unité aujourd'hui. Même tous ensembles nous n'arrivons pas à nous en sortir à brèves échéances, à fortiori lorsqu'un seul état est livré à la fureur de tout l'occident.

Je rappelle à cet égard que l'exemple a été donné par Haïti, lorsqu'il s'est libéré en 1804.
On a vu toute la coalition des pays européens se liguer contre elle ; des puissances qui étaient alors rivales entre elles, y compris les Etats-Unis.

A :

on a un même rapprochement aujourd'hui par rapport à l'Irak...

B.B :

Voilà, tout à fait... C'est-à-dire qu'on voit ici un pays noir qui a humilié la France. Là tous les pays alors rivaux, ont trouvé un terrain d'entente pour attaquer Haïti et ils l'ont tellement étouffé, il y a eu tant d'actes de pirateries. Haïti ne pouvait plus vivre. Les Noirs croient qu'ils vivent dans un monde virtuel, ils ne savent pas, ils ne mesurent pas dans quel monde ils vivent, mais les autres, eux le savent. Ils savent bien que chaque fois qu'il faut aller agresser, qu'il faut trouver l'unité.

On a vu comment la Côte-d'ivoire, a été condamnée en un temps record aux Nations unies, alors que d'autres nations depuis des lustres ont des résolutions qui n'ont jamais été appliquées.
En moins de 24 heures, sur demande de la France, ils ont condamné unanimement la Côte-d'ivoire.

On a vu aussi comment l'apartheid a survécu sans qu'on ne l'ait jamais attaqué. L'apartheid a opéré dans les temps modernes. Dans les années 76 on a massacré des milliers d'élèves et on n'a pas fait tous ces désordres dans le monde. Non, on n'a pas vu le conseil de sécurité de l'ONU monter sur ses grands

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chevaux. On n'a pas vu non plus d'intellectuels instrumentalisés parler à la télévision, des dégâts que l'apartheid a causés. Ainsi l'unité pour nous est une question de vie ou de mort. Tant que le peuple noir ne se retrouvera pas, il disparaîtra et il doit comprendre que dans l'histoire des peuples ont disparu.

Les gens d'aujourd'hui, en particulier les occidentaux aiment tellement la paix, soi-disant, qu'ils ont inventée la « bombe à neutrons ». Cette bombe tue les hommes et laisse intacte les biens et les richesses.

Lorsqu'un cerveau arrive à imaginer une telle arme de destruction aussi massive, c'est qu'il faut que les africains commencent à faire très attention. Le monde est dangereux et ce qui est dommage c'est que nous, africains, avons une philosophie trop optimiste : tout est bien, tout ira bien, tout le monde nous aime... Mais non, justement tout le monde ne nous aime pas ! Je serais même surpris de voir les gens qui nous aiment. S'ils existent, qu'ils lèvent le doigt, et j'irai voir comment ils nous aiment...



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Bwemba Bong , Historien, écrivain

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