Hommage à la femme Noire, Acte I.


Être femme et noire, c’est déjà un problème dans les sociétés blanches. Être en plus intelligente et belle, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas généralement un avantage ; une bonne raison : la femme intelligente et belle exige, très souvent, le respect de sa personne. Elle est contre la
« promotion canapé ». Elle souhaite être reconnue au travail pour ses compétences et non pour son physique. Elle ne souhaite pas être la « Poupée noire / poupée créole » ou « la bonniche / l’esclave » d’un individu qui d’emblée se prend pour un être supérieur ; un mythomane qui se prend pour un sauveur de la race noire parce qu’il vous a accordé un poste que vous méritez largement. D’ailleurs, qu’elle soit belle ou pas, intelligente ou pas, la femme noire a de la valeur, à mes yeux, seulement lorsqu’elle exige le respect de ses origines ethniques, de sa culture, de l’histoire de son peuple, de son corps ! Elle est ni un « singe », ni un « perroquet ».

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Il faut réaliser à quel point qu’être femme et noire dans un pays de « leucodermes », rend la femme noire doublement invisible dans les médias et dans les récits historiques.


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Où sont les femmes ?

Les livres scolaires ne parlent pas des gens qui me ressemblent. Les programmes scolaires ne parlent pas des femmes noires comme moi.

À l’école, du primaire au lycée, je n’ai jamais étudié la vie d’une femme noire qui avait marqué l’histoire ; la littérature ou la science.

À cette époque, l’Afrique coloniale n’offrait aucune alternative à ce monde blanc, raciste, xénophobe et mythomane…

Puis, j’ai entendu parler de certains hommes noirs, Césaire, Fanon, Garvey… J’ai entendu parler de crimes « coloniaux », Lumumba, Sankara, Biko…

Puis il y a quelques années, Cheikh Anta Diop, Obenga, …, grâce au site Africamaat.
( En effet, petit rappel de notre Institut : il y a plus de 16 ans, ce site fût d’abord agorafrica.com puis africamaat.com et aujourd’hui africamaat.fr et .com )

Je me suis alors rendue compte que des gens qui me ressemblaient avaient aussi marqué l’histoire. Il y avait aussi des femmes qui avaient fait des choses importantes, des femmes noires, parfois belles mais très souvent intelligentes…

C’est le plus important. Dans ce domaine, Simone Schwarz-Bart a fait une fameuse encyclopédie, en sept volumes, intitulée « Hommage à la Femme noire »

Avec toute l’humilité qui s’impose ici, sur ce site qui fut le premier en langue française à mettre en avant nos civilisations, la richesse de nos cultures et surtout l’importance de la femme noire dans la naissance de nos valeurs basées sur la « Mère noire » et sur la « Maât » ( voir nombreux articles sur le site ), je suis fière d’écrire ce premier volet pour un « Hommage à la Femme Noire » dans un site web qui fut le premier en langue française à mettre la « Femme Noire » sur un piédestal… mieux, sur le trône d’une Reine… encore mieux au niveau du Divin.

Non visage pâle raciste, les noirs n’ont pas que le rythme dans la peau, ni ne savent que bien courir… !

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Parmi les atrocités sexuelles subies par les femmes noires durant l’esclavage, on cite souvent quasi exclusivement le viol. Moins connue est toutefois la prostitution forcée auxquelles elles étaient régulièrement contraintes…

Sommaire ( Acte I )

 * Angela Davis  * Maya Angelou  * Rosa Parks  * Sojourner Truth  * Aretha Franklin  * Wangari Maathai  * Shonda Rhimes  * Mae Jemison  * Oprah Winfrey  * Helen Johnson Sirleaf  * Bessie Coleman  * Lupita Nyong’o  * Juliana Rotich  * Colette Kitoga  * Joëlle Ursull  * Jahlyssa Sekhmet  * Harriet Tubman ( voir : Histoire > Esclavage /Abolition ) : article « Harriet Tubman »  * Euzhan Palcy ( voir : Histoire > Culture ) : article « Euzhan Palcy... Parcours de Dissidents... »  * Christiane Taubira ( voir Spiritualité > Spiritualité / Religions Africaines ) et dans Actualité : « De la mère noire primordiale à Chistiane Taubira »  * France Zobda ( voir : Histoire > Culture ) : article « Journée internationale des droits des femmes 2015 : Femmes des Outre-mer » 

( ** À VENIR : Lucile Berkeley Buchanan ; Dorothy Dandridge ; Toni Morrison ; Paulette Nardal ; C.J. Walker ; Nina Simone ; Coretta Scott King ; Toni Morrison ; Henriette Ekwè ; Kathleen Cleaver ; Miriam Makeba ; Lauryn Hill ; Diana Ross ; Jocelyn Berouard ; Asha-Rose Migiro ; Maryse Condé ; Shirley Chisholm ; Naomi Sims ; Vanessa Williams ; Audrey Pulvar ; Ella Fitzgerald ; etc... )

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Les cas des femmes de l’Antiquité, de l’époque impériale et d’une façon générale des époques anciennes comme les Reines Hatshepsout, Ahmes-Néfertari, Candaces, Amina de Zaria, seront abordés ultérieurement par les spécialistes d’Africamaat.


( Nefertiti )


( Merci au Professeur Etile pour la publication de cet article… Pas très étonnant lorsque l’on a huit sœurs en étant fils unique… )

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Angela Davis...



Née en 1944 dans l'état de l'Alabama et ancienne membre des Black Panthers, collectif militant pour les droits des noirs dans les années 1970, elle fut arrêtée et recherchée par le FBI à plusieurs reprises à cause des actions du parti qui se rebellait contre les arrestations répétées des noirs et les violences perpétrées contre la population afro-américaine.

Les Black Panthers menaient des actions radicales contre un système qui oppressait les noirs et les brutalisait. Elle a eu le courage d’évoluer dans ce milieu presque exclusivement masculin et a réussi l’exploit d’en devenir l’une des leaders. Elle parlait à voix haute à une époque ou personne ne voulait écouter les femmes, et où les revendications des noirs n’étaient pas entendues.

Dans une interview de 1972, Angela Davis racontait le quotidien des noirs et s’étonnait que le journaliste l’interroge sur la violence des Black Panthers, qui n’était qu’une réponse aux agressions subies quotidiennement par les personnes noires aux Etats-Unis.

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Maya Angelou...



Barack Obama remit en février 2011 la Médaille présidentielle de la liberté à Maya Angelou. Créée en 1963 par le président John F. Kennedy, c’est la plus haute décoration civile des États-Unis.

Écrivaine de métier, elle est aussi une militante de mouvement américain pour les droits civiques. Elle rencontrera Malcolm X, célèbre militant pour les droits afro américains et perpétuera son action après sa mort.

Maya Angelou sera connue pour ses prises de position et ses textes féministes. Elle est décédée en 2014, en laissant derrière elle des textes et des poèmes devenus légendaires.

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Rosa Parks...


Originaire de l'Alabama, un état américain fortement ségrégationniste dans les années 50, Rosa Parks est une couturière discrète qui allait bientôt devenir la " mère " de la défense des droits des noirs américains.

Cette femme noire est la figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-unis, pour avoir refusé de céder sa place à un blanc dans un autobus à Montgomery en Alabama.

Elle marqua l’histoire le 1er décembre 1955, lorsqu’elle refusa d’obéir à un chauffeur de bus qui lui demanda d’aller s’asseoir au fond du véhicule, qui était à l’époque, la place réservée aux noirs-américains. À l’époque de la ségrégation, il y avait des places assignées aux blancs et des places attribuées aux noirs, tout comme les restaurants, les parcs ou les bars.

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Sojourner Truth...


Sojourner Truth ( née probablement en 1797– décédée en 1883 ) était le sobriquet donné à partir de 1843 à une abolitionniste noire américaine, née de parents esclaves dans la ville d'Hurley ( comté d'Ulster ), dans l'État de New York. Son véritable nom était Isabella Baumfree, bien que certaines sources la nomment Isabella Van Wagener.

Elle fut une fervente défenseuse de la cause abolitionniste et du mouvement des droits des femmes. Le fameux discours de Thruth, " Ain't I a Woman ? ", prononcé en 1851 à Akron dans l'Ohio lors de la convention des droits de la femme, bien que court, résumait bien les revendications de la cause féministe.

En 1857, Truth se déplaça dans le Michigan, où elle continua à défendre sa cause. Durant la guerre civile américaine, elle organisa des collectes de vivres pour les combattants des régiments noirs combattant pour l'Union, et s'installa à Washington, D.C. après la promulgation de la proclamation d'émancipation, afin de travailler avec d'anciens esclaves. Elle rencontra le président Abraham Lincoln en 1864.

Après la guerre civile, Sojourner Truth s'attacha à faciliter la recherche d'emplois des réfugiés noirs. Elle fit aussi de nombreuses apparitions publiques où elle s'adressait en majorité à un public blanc. Dans ses discours, teintés de religion et de féminisme, elle défendait l'idée de la création d'un État noir dans l'ouest des États-Unis.

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Aretha Franklin...


Née le 25 Mars1942 à Memphis ( Tennesse ), fille du révérend Clarence. l. Franklin ( prêcheur baptiste ) sa famille s'installe à Detroit en 1948. La fillette commence ses vocalises au sein de l'église de son père et a la chance de voir fréquemment chez elle quelques relations telles que Mahalia Jackson ou Sam Cook.

En 1967, son contrat chez Atlantic, véritable forge de la soul music, lui ouvre les portes de la gloire. Le titre " I never love a Man the way I love you " propulse la chanteuse au sommet des hit-parades.

Consacrée Queen of the Soul, elle réunit dans le miracle de son chant, les publics noires et blancs à une période ou l'Amérique est sous tension. Elle devient alors un symbole et se voit remettre par Martin Luther King une récompense prestigieuse : la " Christian Leadership A ward ".

Cette égérie, profondément concernée par le mouvement des droits civiques, connaît de nouvelles cimes avec le morceau " Respect ". La communauté noire américaine, qui aspire à plus de justice sociale, s'empare de la chanson à la manière d'un hymne. Elle sera la première femme noire à faire la couverture de Time Magazine.

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Wangari Maathai...


Wangari Muta Maathai fut la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour son militantisme politique et écologique.

D’origine kényane, elle a grandi dans un village où les petites filles étaient rarement scolarisées, mais la détermination de ses parents lui a permis de faire des études. Elle deviendra ainsi la première femme d’Afrique de l’est à obtenir une licence de biologie au Mount Saint Scholastica College à Atchison, dans le Kansas.

Dans les années 1970, sa carrière s’accélère. Elle décide de créer un mouvement nommé La ceinture verte qui se popularisera lorsqu’elle décidera de planter sept arbres le jour de la terre et invitera les kenyanes de tout le pays à en faire de même. Cette action aura permis de planter plus de trente millions d’arbres en seize ans, et lui aura value le surnom de « La femme des arbres ».

Wangari Muta Maathai deviendra connue dans le monde entier et respectée, lorsqu’elle décidera de s’opposer à la construction de la maison hors de prix du président kenyan à la source de la destruction de nombreux arbres. Toute sa vie, elle sera activiste pour la protection de l’environnement et fut emprisonnée à de nombreuses reprises à cause de son action.

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Shonda Rhimes...


Shonda Rhimes est une réalisatrice et scénariste américaine, née le 13 janvier 1970 à Chicago dans l'Illinois. Elle fait ses études au " Marian Catholic High School ", Bac au Dartmouth College et un master en art à l'Université de Californie du Sud. Elle est une des réalisatrices qui a le plus participé à la diversité télévisuelle américaine.
Réalisatrice des séries Grey’s Anatomy et productrice de la série How to get away with murder, elle est la créatrice de séries riches en diversité et en mixité.

Elle est aussi la créatrice de Scandal, première série avec une femme noire en premier rôle.

Dans l’univers des séries, il y a eu un avant et un après Shonda Rhimes : Grey’s Anatomy fut réellement la première série à mettre en scène des couples mixtes sans pointer du doigt le fait qu’ils étaient de couleurs différentes. Elle recevra d’ailleurs une récompense pour la diversité de ses séries ainsi que de nombreux autre prix pour la qualité de ses productions et réalisations ou le talent des acteurs qu’elle met en scène.

Grâce à Shonda Rhimes, les séries avec des noirs n’étaient pas enfermées dans des rôles clichés de délinquants ou de pauvres. On a enfin pu découvrir un monde réaliste, dans lequel les noirs existent et ne sont pas invisibles…

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Mae Jemison...


Mae Carol Jemison ( née le 17 Octobre, 1956 ) est une Afro-américaine docteur en médecine, et astronaute de la NASA. Elle est devenue la première femme noire à voyager dans l'espace quand elle est allée en orbite à bord de la navette spatiale Endeavour le 12 Septembre, 1992. Après ses études de médecine et un bref exercice de sa profession de médecin, Jemison a servi dans le Corps de la Paix
( peace corps agence américaine ) de 1985 à 1987.

Elle a démissionné de la NASA en 1993 pour former une société de recherche sur l'application de la technologie à la vie quotidienne. Elle est apparue à la télévision à plusieurs reprises, y compris en tant qu'acteur dans un épisode de Star Trek : The Next Generation.

Elle est une danseuse, et détient 9 doctorats honorifiques en sciences, ingénierie, lettres, et sciences humaines.

STS-47 était une mission de coopération entre les États-Unis et le Japon. Mae Jemison a enregistré 190 heures, 30 minutes et 23 secondes dans l'espace. Elle avait pris plusieurs petits objets d'art en provenance de pays ouest-africains et une photo de Bessie Coleman, la première femme afro-américaine à piloter un avion.

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Oprah Winfrey...



Oprah Winfrey ( née Oprah Gail Winfrey ; le 29 Janvier, 1954 ) est la première femme noire propriétaire de média network, présentatrice de talk-show, actrice, productrice et philanthrope. Winfrey est connue pour sa téléréalité éponyme, ce talk-show multi-primé, est devenu le programme TV ayant reçu le plus grand nombre de téléspectateurs dans l'histoire à l'échelle nationale il fut syndiqué de 1986 à 2011.

Elle est aussi connue comme la plus riche afro-américaine du 20e siècle, le plus grand philanthrope noire de l'histoire aux Etats-Unis. Elle été pendant un certain temps la seule milliardaire de race noire tout sexe confondu... Porté par la création d'une forme plus intime confessions par support de communication, elle est reconnue pour avoir popularisé et a révolutionné le genre talkshow tabloïd. Depuis 2011 elle a son propre réseau multimédia, l'Oprah Winfrey Network.

Selon Forbes, Winfrey fut la seule milliardaire noire de 2004 à 2006 et la toute première femme noire milliardaire dans l'histoire du monde. Selon Forbes, en Septembre 2010 Winfrey a rapporté plus de $ 2,7 milliards et a dépassé l'ancien chef de la direction d'eBay Meg Whitman comme le plus riche self-made woman en Amérique.

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Helen Johnson Sirleaf...



Ellen Johnson Sirleaf ( née le 29 Octobre 1938 ) est la 24e et actuelle présidente du Libéria. Elle a servi comme ministre des Finances sous la présidence de William Tolbert à partir de 1979 jusqu'en 1980, année du coup d'État militaire, qui l’amènera à quitter le Liberia.

Elle occupera des postes supérieurs dans diverses institutions financières. Elle fut largement perdante lors de l'élection présidentielle de 1997. Plus tard, elle sera élu président à l'élection présidentielle de 2005 et prendra ses fonctions le 16 Janvier 2006. Elle sera réélue avec succès en 2011.

Sirleaf fut ces dernières années, la première et la seule chef d'Etat de sexe féminin, élue en Afrique.

Sirleaf a remporté l'édition 2011 du Prix Nobel de la paix, conjointement avec Leymah Gbowee du Libéria et de Tawakel Karman du Yémen. Ces femmes ont été reconnues pour leur lutte non-violente pour la sécurité des femmes et du droit des femmes à participer pleinement à la consolidation de la paix.

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Bessie Coleman...


Bessie Coleman ( née le 26 janvier 1892 à Atlanta, Texas et morte le 30 avril 1926 à Jacksonville, Floride ) est une aviatrice américaine. Elle est la première femme noire au monde à pouvoir piloter et la première personne d'origine afro-américaine à détenir une licence de pilote qu'elle obtient en 1921.

Aucun instructeur américain ne voulant enseigner à une femme noire, elle a décidé d’émigrer en France où elle put enfin obtenir la formation souhaitée.

Bessie Coleman embarque pour Paris le 20 novembre 1920. Elle cherche à s'inscrire dans une école de pilotage de la région parisienne mais celle-ci refuse temporairement toute nouvelle inscription de femmes car deux femmes viennent de se tuer alors qu'elles apprenaient à piloter. Elle se rend alors en Picardie et s'inscrit à l'École de pilotage Caudron du Crotoy, la plage servant de piste de décollage et d'atterrissage. Elle apprend à piloter sur un biplan Nieuport Type 82 à double commandes, un modèle fréquemment utilisé en France à l'époque pour l'apprentissage des jeunes pilotes.

Après sept mois d'entraînement, elle obtient la licence internationale de pilote de la Fédération aéronautique internationale le 15 juin 1921.

Déterminée à améliorer ses compétences, Coleman passe deux mois à prendre des leçons auprès d'un as français près de Paris et le 16 septembre 1921, elle embarque pour New York…

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Lupita Nyong’o...



Comment ne pas être bouleversé par Lupita Nyong’o ? Bien sûr, l’actrice ( et réalisatrice ) kényane a crevé l’écran dans son rôle de Patsey, la jeune esclave martyrisée dans la plantation de 12 Years a Slave.

Pour sa première apparition au cinéma, elle a été récompensée par un Oscar.

Elle est aussi devenue célèbre du jour au lendemain. En partie en raison de son élégance, devenue emblématique, ou peut-être du fait que l’Oscar ( du second rôle ) était attribué à une actrice à la fois africaine et mondiale : née au Mexique, originaire du Kenya, suivant depuis deux ans des études d’art dramatique à Yale. Et c’est ainsi que Lupita Nyong’o est devenue une icône.

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Elle semblait faite pour ça : incarner une femme universelle qui soit aussi une femme noire, à la beauté et la grâce si éclatantes qu’elles ont des vertus étonnantes. Comme celle de révéler d’autres femmes à elles-mêmes. Lupita Nyong’o n’a pas besoin de dire « Africa is beautiful » ( l’Afrique est
belle ), elle en fait la démonstration à chaque instant. Un exemple ? Quelques semaines avant les Oscar, Lupita Nyong’o était invitée à la remise des prix décernés par le magazine Essence aux femmes noires d’Hollywood.

Pour son discours, elle a décidé de lire la lettre d’une toute jeune fille, qui lui avait écrit pour annoncer avoir renoncé aux crèmes éclaircissantes pour la peau, ayant compris en la regardant que oui, de toute évidence, on pouvait être noire et belle. Et merveilleusement bien dans sa peau. Cela s’appelle servir de modèle.



Juliana Rotich...



Elle est une fée d’Afrique qui œuvre à changer le continent de sa baguette technologique.
La Kényane Juliana Rotich se montre là où il faut être. On peut certes la croiser dans les prestigieuses conférences innovantes TED, au Forum économique de Davos, ou au MIT Media Lab, mais aussi à Kibera, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, au sud de Nairobi.

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Mais c’est bien sûr le Web, où sont retransmises ses conférences vues par des millions d’internautes, que Juliana Rotich se révèle. Cette accorte de 37 ans en est persuadée : « Les nouvelles technologies jouent un rôle crucial dans le développement du continent ».

La brillante informaticienne née dans un village de la vallée du Rift et formée à l’université du Missouri, aux Etats-Unis, le répète tel un mantra. Juliana Rotich et ses amis kényans, blogueurs et informaticiens de talent, ont fait montre de leur capacité à agir dans le monde virtuel pour transformer le réel. Ensemble, ils avaient créé, dans l’urgence des violences postélectorales de 2007, le premier logiciel open-source « made in Africa », Ushahidi, pour cartographier les dégâts et les témoignages.

De quoi attirer l’attention des fondations philanthropiques américaines et des mastodontes de la Silicon Valley qui lorgnent sur l’Afrique, terre numérique presque vierge et marché prometteur.

Sous l’impulsion de Juliana Rotich et ses amis, Nairobi se mue en capitale technologique d’Afrique adoubée par le patron de Google, Eric Schmidt. Un lieu cristallise cette tendance : iHub, espace communautaire ouvert et moderne fondé en 2010 par son ami blogueur Erik Hersman. Juliana Rotich fait fonction de conseillère de ce laboratoire design et branché au service des start-up.

« L’Afrique est en passe de dépasser son problème géographique, se connecte au reste du monde et à elle-même », aime à dire Juliana Rotich.

Avec Erik Hersman, elle pense un autre projet, un autre défi sur lequel planchent aussi Facebook, Google et autres : augmenter l’accès à Internet et connecter non pas seulement les capitales mais aussi les contrées reculées. Depuis iHub à Nairobi, Juliana Rotich a élaboré BRCK, un petit boîtier permettant de se connecter au Wifi même lorsqu’il n’y a pas d’électricité.

Une perle d’innovation mise sur le marché l’été dernier. « Ce qui fonctionne en Afrique peut fonctionner partout dans le monde », lâche cette entrepreneure dont les projets valorisent une innovation africaine à l’échelle globale.

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Colette Kitoga...


Elle est « mère des veuves et des orphelins ». : C'est en 1996 que débute son engagement. Après vingt années passées en Europe où elle a étudié la médecine, la jeune femme rentre en République démocratique du Congo.

La guerre éclate. Le sort dramatique des femmes et des orphelins la bouleverse. Son petit appartement de Bukavu se transforme en nurserie. « Beaucoup de mères mourraient en couche. Je me suis retrouvée avec quinze nouveaux nés sur les bras. Je n'avais même pas de lait à leur donner. Je les ai confiés à des familles ».

Grâce au bouche à oreille, le petit deux-pièces devient aussi un lieu de refuge pour enfants en cavale. Cinq mille en vingt ans. « Ils avaient assisté à l'assassinat de leurs parents et arrivaient traumatisés. C'étaient des témoins gênants. Il fallait les protéger ».
Puis la situation s'aggrave avec l'afflux d'enfants soldats qui fuient les champs de bataille.
« On les a cachés dans des familles d'accueil. C'était risqué car quand un enfant soldat était découvert, toute la famille était fusillée », raconte-t-elle.

Vient alors l'idée de créer le centre Mater Misericordiae à Bukavu dans l'est du pays, grâce aux dons de ses amis italiens rencontrés lors de ses études. Trois autres centres, co-gérés par des infirmiers et des psychothérapeutes.

Tous bénévoles. Colette Kitoga devient alors « la maman des veuves et des orphelins » dans le Kivu. Une reconnaissance pour celle qui n'a pas fondé de famille. Sous ses yeux, enfants soldats et orphelins apprennent à vivre ensemble « comme des frères ». Pour les réhabiliter, l'école fait office de
« psychothérapie »…

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Joëlle Ursull...



Joëlle Ursull, née le 9 novembre 1960 à Pointe-à-Pitre ( Guadeloupe ), est une chanteuse fière d’être noire, une militante acharnée contre le racisme, contre l’injustice et entièrement en phase avec la lutte contre la falsification historique de l’Histoire des Noirs que mène Africamaat.
C’est une vraie Reine !

Avant d'entamer une carrière solo, Joëlle Ursull faisait partie du trio féminin « Zouk Machine » ( groupe créé par Guy Houllier et Yves Honoré ).

Elle a représenté la France au Concours Eurovision de la chanson 1990, avec White and Black Blues, chanson écrite par Serge Gainsbourg et composée par Georges Augier de Moussac. Le groupe « Zouk Machine » remporte un franc succès dès la sortie de leur premier album éponyme, permettant ainsi aux chanteuses de se produire sur de nombreuses scènes et plateaux de télévision.
En 1988, Joëlle Ursull quitte le groupe pour entamer une carrière de soliste. Elle est alors remplacée par Jane Fostin.

En 1988, elle propose son tout premier album intitulé Miyel, s'associe alors à l'artiste le gratin du milieu Zouk ( Kassav', Frédéric Caracas et Paskal Vallot ).

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Comme une extra-terrestre venue d’une lointaine planète, elle crée un nouveau style percutant : des chansons profondes et biens rythmées avec des chorégraphies exceptionnelles et sensationnelles !

En 2003, elle offre à ses fans de la première heure un single intitulé Babydoo. De 2004 à 2006, elle participe à de nombreux plateaux de télévision dans les Caraïbes et à Paris.

Femme de courage, sa lettre ouverte au Président de la République française ne laissa personne indifférent ( pour ou contre ) ; Joëlle Ursull dénonce avec juste raison le peu d'enseignement délivré à l'école concernant l'esclavage et la traite négrière :

« Cette entreprise gigantesque aurait pu conduire à la disparition totale des peuples noirs sur le continent africain.
Et aujourd’hui vos compatriotes descendants de ces horreurs, ont appris à panser leurs blessures dignement et en silence. Ils avancent sans courber le dos, la tête haute malgré tout ! …»

En plus de faire le buzz sur les réseaux sociaux, cette lettre ouverte a bien évidemment suscité de nombreuses réactions…


( Monument aux esclaves péruviens, à Zaña au nord du Pérou )

[page] Jahlyssa Sekhmet...


Son combat , « Conscious Education Editions » est une maison d’édition spécialisée dans les outils et les manuels pédagogiques du monde noir qu’elle a créé :

« En tant qu’enseignante à l’école élémentaire, la première fois que l’enfant noir est confronté à son histoire dans l’institution scolaire, c’est en classe de CM2, avec " le commerce triangulaire ".
L’Histoire qui y est donc transmise se résume en " les Africains vendaient d’autres Africains aux Européens contre de la verroterie ou de la pacotille. Ensuite les Européens les emmenaient dans le Nouveau Monde pour les faire faire travailler jusqu’à la mort. "
Voici le début et la fin de l’Histoire africaine si elle n’a pas été expliquée hors contexte scolaire… »
C’est pourquoi, elle décidé de créer un outil pédagogique qui retrace notre histoire de la préhistoire à nos jours.
Elle a pensé à cet outil pour que les enfants puissent comprendre les faits exacts de la traite négrière et surtout ce qu’il y avait avant cela sur le continent africain.
Avec ce livre, l’enfant aura enfin une vision globale de cette histoire, dans sa continuité historique. Les différents dispositifs, ouvrages et ateliers, de Conscious Education Editions se veulent un complément à l’enseignement scolaire. « Je suis issue d’une communauté qui ne parlait pas de l’esclavage, ce sujet était " tabou ". Notre génération a fait des recherches et ose mettre les choses à plat ; une réhabilitation de notre histoire et un respect envers nos ancêtres…

Leur mémoire n’a pas été réhabilitée et chaque peuple doit être en paix avec son passé pour pouvoir avancer… Conscious Education Editions... valorise la culture noire par sa spécialisation d’outils pédagogiques, mais aussi ludiques, éducatifs et artistiques orientés vers un jeune lectorat.

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Je suis l’auteure de « L’Histoire de l’Afrique et de sa diaspora, de la préhistoire à nos jours, à partir de 10 ans »...


Nefertiti, Docteure en Sciences

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