Le testament historique des Arabes confirme l’origine africaine des Egyptiens anciens...

Après l’examen des sources grecques, juives, latines et éthiopiennes confirmant l’origine africaine des égyptiens anciens, il convient maintenant d’analyser les sources arabes.

1- Témoignage de Mas Udi...


( Portrait d'al-Mas'udi Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alī al-Mas’ūdī )


Al Mas Udi dit Abu-Alhasan Ali bin al-Husain est surnommé l’Hérodote Arabe, car il fut en un grand voyageur. Né à Bagdad ( Irak ) il a passé la plupart de son temps à voyager en Asie, au Proche Orient et en Egypte où il est mort en 958.

Dans un ouvrage en 13 volumes [1] où il a collecté les principaux récits historiques de son époque sur les peuples qu’il a visité, [gras]il nous a légué des informations cruciales, sur les liens ancestraux entre l’Afrique et l’Inde et surtout sur l’origine ethnique des Egyptiens anciens.

Ainsi, Mas Udi nous révèle que :

" Quant aux fils de Cham ( à savoir fils noir de Noé ), ils s’établirent dans les pays du sud (...) le plus grand nombre des descendants de Canaan, fils de Cham, vinrent habiter la Syrie (...)
Nawfîr, fils de Put, fils de Cham, à la tête de ses enfants et de ceux qui le suivaient prit la direction de l’Inde et du Sind (...) Il ressort de cette tradition que les habitants de l’Inde et du Sind sont les descendants de Nawfîr, fils de Put, fils de Cham, fils de Noé (...)

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Le premier qui s’établit en Egypte fut Misr, fils de Bayar, fils de Cham, fils de Noé (...) Misr mit la couronne et régna sur un territoire qui commençait à Rafah, localité de Palestine, en Syrie (...) Jusqu’à Assouan ( en Afrique ) (...) Les souverains et les peuples étrangers redoutaient les Egyptiens et se gardaient de les avoir pour ennemis ".

Ce texte démontre, entre autre que pour les Arabes, les Indiens d’Inde et les Africains sont issus du même rameau « Kamitique ».

A ce titre, les réalisations architecturales et les civilisations créées par les Nègres dravidiens en Inde durant l’antiquité sont extraordinaires et prouvent leur grand génie technique et scientifique.
( Cf. Les civilisations de Mohenjo-daro et de Harappa ).

La parenté de ces deux peuples fut encore soulignée par le Grec Arien ( 3ème siècle avant J. C. ) qui alla jusqu’à comparer l’Inde à l’Ethiopie [2].

Le respect que les Indiens témoignent aux vaches vient, selon Diodore de Sicile, de leur contact avec l’Egypte pharaonique en des temps reculés car pour cette dernière, la vache, symbole de la déesse Isis, est perçue en tant que « vache nourricière » des hommes.


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Enfin, l’historien français Fabre d’Olivet, dans son Histoire du genre humain, confirma lui aussi, cette parenté en attribuant à la « race sudéenne », c’est à dire aux Nègres, les réalisations architecturales de l’Ethiopie, de l’Egypte et de l’Inde.

( Antoine Fabre d’Olivet, 1767 - 1825 )


( Mohenjo-daro )

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( Harrapa )



( Harrapa )

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2- Les faits civilisationnels africains en Arabie...

A propos encore de l’Arabie, les rois des peuples sédentaires les plus anciens exhumés en Elam
( Mésopotamie ) sont noirs. Cela est attesté par le récit des Arabes anciens ( peuples nomades ) et les fouilles archéologiques. Par exemple, le résultat des fouilles réalisées sur le terrain par le professeur Dieulafoy démontrent que [3] :

" Seuls, les puissants personnages avaient le droit de porter de hautes cannes et des bracelets ; seul le gouverneur d’une place de guerre pouvait en faire broder l’image sur sa tunique.
Or, le propriétaire de la canne, le maître de la citadelle est noir... il y a donc de grandes possibilités pour que l’Elam ait été l’apanage d’une dynastie noire et si l’on s’en réfère même aux caractères de la figure déjà trouvé, d’une dynastie Ethiopienne. Serait-on en présence de l’un de ces Ethiopiens du Levant dont parle Homère ?

Les Nakhuntas étaient-ils les descendants d’une famille princière apparentés aux races noires qui régnèrent au sud de l’Egypte ".

Dans cet optique, le professeur G. Contenau, qui semble vouloir opposer ( néanmoins maladroitement ) les Koushites ( qui sont déjà des Nègres ) aux Nègres pur et dur ( vue de son esprit ), ajoute [4] :

" Le Susien, notamment, produit probable de quelques métissage de Koushite ( Koush = l’Ethiopie ) et de nègre avec son nez relativement plat, ses narines dilatées, ses pommettes saillantes, ses lèvres épaisses, est un type de race bien observé et bien répandue ".

Martin Bernal constate lui que les Grecs désignaient par le même vocable Ethiopiens, deux peuples Nègres distinct [5] :

" Les Grecs dénommaient Ethiopiens deux peuples différents, celui qui vivait au sud de l’Egypte, mais aussi les Ethiopiens ou Noirs qui formaient la population de base de l’ancien royaume d’Elam, vers l’est de la Mésopotamie et le golfe Persique.

La civilisation élamite était aussi vieille que celle des peuples sémitiques et sumériens de Mésopotamie. Sa langue appartenait à la famille dravidienne qui survit essentiellement en Inde du sud (...) Il n’y a pas de doute qu’à l’époque classique les Elamites, alors sous domination grecque, voyaient en Memnon ( roi Ethiopien selon la tradition grecque ) un héros national ".

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( Martin Gardiner Bernal )


Hérodote en son temps, nommait Suse en pays Elam, la cité de Memnon, comme pour indiquer qu’il s’agissait d’une cité nègre ( faut-il rappeler que dans la tradition grecque Memnon est toujours rattaché aux Noirs ).

D’après Strabon, cette cité avait été construite par le roi Ethiopien Tithon, le père de Memnon [6].

( Buste grecque de Memnon )

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Un poème d’Elam appuie encore ces faits [7] :

Père Enlil, Seigneur des pays, Père Enlil, Seigneur à la parole fidèle, Père Enlil, Pasteur des têtes noires.


( Céramique grecque, avec représentation de Memnon lors du conflit de Troie )


L’historien Arabe Mas Udi, confirme en attribuant au peuple Nègre Adîte, fils de Ad, fils de Kousch, fils de Cham, les premières constructions urbaines en Arabie, issues des peuples sédentaires.

Diodore de Sicile avoue que les palais même de Persépolis, de Suse et de plusieurs autres villes, furent construits par des ouvriers et architectes Nègres originaires d’Egypte enlevés de force après une invasion étrangère en Egypte [6].

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Il ajoute encore que selon la tradition antique, les Chaldéens devaient leur renommée à l’Egypte ancienne. Ci-joint son testament [8] :

" De très nombreuses colonies ont été disséminées depuis l’Egypte dans le monde entier. De fait à Babylone ( Mésopotamie ), Bélos qui est tenu pour fils de Poséidon et de Libye, y mena des colons ; installé au bord de l’Euphrate, il y institua les prêtres qu’il exempta de taxes et déchargea de tout service public, tout comme ceux d’Egypte ; ce sont ceux que les Babyloniens appellent Chaldéens.
Ils s’occupaient d’observer les astres à l’instar des prêtres et physiciens d’Egypte et aussi de leurs astrologues (...)
Ils disent ( les Egyptiens ) même que les Chaldéens de Babylone, colons, à l’origine des Egyptiens, ne sont renommés en astrologie que pour avoir suivi l’enseignement des prêtres Egyptiens ".

Ainsi, non seulement les sources arabes, confirment l’origine négro-africaine des Egyptiens anciens, mais elles reconnaissent qu’en vertu de la tradition de nomadisme des peuples arabes, les premières citées issues des peuples sédentaires d’ascendance koushite, furent construites par des Noirs, tel que le confirment les fouilles archéologiques.

Références bibliographiques :

[1] " Les prairies d’Or ".
[2] Cf. de l’Inde, VI, 6 et VI, 8, P. Chautraine, Paris, éd. les belles lettres.
[3] Cf. " Nation Nègre et Culture ", Cheikh Anta Diop, éd. " Présence Africaine " + sur le même sujet : Lenormant : " Histoire ancienne des Phéniciens ", 1890, Paris.
[4] Cf. " Le Manuel d’archéologie orientale ", G. Contenau.
[5] Cf. " Black Athéna ", Martin Bernal, éd. PUF, tome 2.
[6] Cf. " Strabon ", Livre XV.
[7] Cf. " L’art en Mésopotamie ", Ed. Cahier d’art, Lamentation au Dieu Enlil.
[8] Cf. " Diodore de Sicile ", Livre I, section 2.
[9] Cf. " Diodore de Sicile ", " Naissance des Dieux et des Hommes ", éd. Les Belles Lettres, P. 37 et 98.

Jean-Philippe Omotunde

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