Reconnaissance des crimes de l'armée coloniale française en Algérie.

Changement de politique française envers l'Algérie ? Création d'un traitement communautariste des préjudices émanant de la colonisation français.
Ségolène Royal invite la France à faire son mea-culpa.

La candidate socialiste à la présidentielle française, Mme Ségolène Royal, a qualifié le colonialisme français en Algérie de « système de domination, de spoliation et d'humiliation », dans un message remis hier au président Bouteflika par Jack Lang, en déplacement à Alger à l'invitation de l'Institut des études stratégiques globales ( I.E.S.G. ).

Mme Royal juge « fondamental » que Paris et Alger « puissent élaborer ensemble une restitution de l'histoire qui tienne compte de notre histoire partagée ». Plus explicite, le conseiller spécial de la candidate socialiste, Jack Lang, a plaidé pour une « reconnaissance par la France des crimes commis par la colonisation » en Algérie. « La meilleure façon de s'excuser est de reconnaître la réalité des crimes qui ont été commis par la colonisation en Algérie de 1830 à 1962 », a déclaré Mr Lang à l'issue d'une conférence donnée à Alger.

« Il faut réformer les manuels scolaires français (...) qui présentent une histoire idyllique du
colonialisme » et « décoloniser les mentalités », a-t-il ajouté, allusion à la loi française votée par la droite qui fait l'apologie du colonialisme français.

« Il y a un devoir de réparation historique » à l'égard de l'Algérie, a ajouté Mr Lang, insistant sur la nécessité de « construire des relations exemplaires entre la France et l'Algérie ». Mme Royal va-t-elle satisfaire à l'exigence de l'Algérie, en cas de son investiture ? En tout cas, la volonté de tourner la page est plus que souhaitée. La candidate socialiste souhaite que les rapports entre la France et l'Algérie soient une « référence dans les relations entre le Nord et le Sud ».

« J'aspire à ce que notre partenariat soit considéré comme une référence dans les relations entre le Nord et le Sud », écrit Ségolène Royal dans ce message.

Jack Lang a confirmé, pour sa part, que l'Algérie doit être aux Français « un axe privilégié et
prioritaire ». Mme Royal, en pleine bataille électorale contre Nicolas Sarkozy, dira : « Ma priorité, si je suis élue, sera de jeter les bases, avec vous, d'une relation renforcée entre nos deux pays, car mon sentiment profond est que nous pouvons résolument passer à une dimension supérieure dans les liens de coopération qui nous unissent. »

Elle souligne que la relation entre la France et l'Algérie, « faite d'intimité, doit se développer dans la confiance et être soudée par l'amitié ». Mme Royal dit dans son message « reconnaître le légitime désir

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des Algériens de bénéficier de conditions de circulation et de séjour en France qui soient compatibles avec l'intensité des liens familiaux qu'ils y entretiennent ». Elle souhaite « parallèlement que l'Algérie joue un rôle majeur dans le contrôle des flux migratoires ».

La candidate socialiste se dit, par ailleurs, « attachée à ce que les sociétés civiles des deux pays jouent tout leur rôle dans le partenariat d'exception que nous construisons ensemble », et estime qu'une
« relation renouvelée avec l'Algérie est inséparable d'une politique de respect à l'égard de la communauté algérienne vivant en France ». Mr Lang avait été reçu samedi par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui.

Mustapha Rachidiou

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