La France envoie des armes de guerre en Côte d'Ivoire...

Des blindés français à Abidjan C'est la première fois que de tels engins sont engagés en Afrique.

Lundi 17 octobre 2005 En Côte-d'Ivoire comme en Afghanistan, la situation se tend pour l'armée française. Selon nos informations, l'état-major vient ainsi d'envoyer des blindés en Côte-d'Ivoire.
Il s'agit de neuf AMX10P, un véhicule sur chenilles de 15 tonnes. Appartenant au 16e bataillon de chasseurs, ces blindés, armés d'un canon de 20 mm, seront stationnés à Abidjan. C'est la première fois que des engins de ce type sont engagés en Afrique où, jusqu'ici, les véhicules à roues suffisaient.

 


Conçu pour la guerre de haute intensité en Europe, l'AMX10P sert à transporter des fantassins. « Ils nous permettront de nous affranchir plus facilement des routes », explique un officier supérieur.

Mieux protégé que les traditionnels V.A.B ( véhicules de l'avant blindé ), l'AMX10P permettra d'affronter des situations militairement plus tendues, en particulier dans les rues de la capitale. « A cause du manque de protection, il y a des endroits et des moments où nous ne risquions pas nos véhicules et nos hommes », affirme un autre officier.

Depuis le début de l'opération Licorne, en 2002, des militaires français avaient souhaité à plusieurs reprises ­ mais toujours en vain ­ l'envoi de chars Leclerc en Côte-d'Ivoire.

De retour d'une visite sur le terrain, le général Henri Bentégeat, chef d'état-major, peut constater que « la situation s'est paradoxalement détendue depuis que l'Union africaine a décidé que le président Gbagbo resterait en fonctions » plus longtemps que prévu.

L'envoi des AMX10P montre que l'optimisme ne règne pas vraiment dans les armées quant à l'évolution de la situation en Côte-d'Ivoire.

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Même inquiétude concernant l'Afghanistan, en particulier la région de Spin Boldak ( sud-est ), où sont engagés 200 hommes des forces spéciales ( opération Arès ).

La situation est « extrêmement tendue » du fait des groupes armés talibans qui maintiennent une activité « très soutenue », vient d'expliquer le général Bentégeat aux députés de la Commission de la défense. Le risque principal provient de pièges et de mines, dont un caporal-chef a été victime en septembre. Plus récemment, l'aviation française a dû intervenir à la bombe et au canon contre une position ennemie.
( Journal Libération )

Jean-Dominique Merchet

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