L’occupation du nord du Mali.

Commencée le 17 janvier 2012, la guerre d’occupation du nord du Mali s’est achevée le 06 avril 2012, avec la proclamation, par les assaillants, de l’indépendance de l’Azawad nom de baptême des régions conquises, riches en pétrole, or, uranium, etc. Hypocritement condamnée par la prétendue communauté internationale, une poignée de nations décidées à dicter leur volonté au monde entier et en tête desquelles il y la France toujours coloniale, la partition du Mali, qui fait l’affaire de leurs industries, leur convient parfaitement.

Cinq groupes composent les assaillants, dont trois principaux : Le Mouvement National de Libération de l’Azawad ( M.n.l.a ), Ançar Dine et Al Quaïda au Maghreb Islamique ( A.q.m.i ) et deux de moindre importance, Mujao et Boko Hram.
Ce succès éclair a été le révélateur de la déliquescence de l’armée nationale forte de 22.000 hommes et femmes, tous corps confondus, incapable de contenir les attaques de bandes armées composées de quelques centaines de combattants. Comment un pays habitué à des soulèvements armés récurrents depuis 1963, comment ce même pays, qui est dirigé, dix ans durant, par un Général 5 étoiles, a-t-il pu se contenter d’une armée aussi fragile ? Pour comprendre cette situation, il est utile de faire, avant tout, une petite incursion dans l’histoire, relativement récente, du Mali et de ses rapports aux Tuaregs.

I) Petit rappel historique.

1-1) Le projet avorté de la création d’un État pour les Tuaregs. Peu avant la distribution des indépendances aux pays sous son contrôle, la France avait décidé de créer une organisation dite Organisation Commune des Régions Sahariennes ( O.c.r.a ) et de lui attribuer une partie du Sudan ( l’actuel Mali ), du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et de l’Algérie. Ce nouveau découpage territorial avait pour objectif principal d’offrir un pays aux Tuaregs et aux Arabes. Bien qu’ayant avorté, peut-être du fait du refus déterminé des patriotes des pays visés, ce projet raciste, n’a pas été abandonné par ses bénéficiaires.

1-2) La vraie nature de la lutte armée des Tuaregs. Dans les années 80, un de leurs leaders n’hésite pas avouer dans les colonnes du Journal Jeune Afrique : « …nous sommes les seuls représentants de la race blanche encore dominés par les Noirs. » Il sait que son peuple bénéficie de la conscience de race pratiquée par tous les Blancs, ou presque, dès qu’une de leurs branches a besoin de leur solidarité agissante. Avait déjà été développé le mythe toujours actuel des « derniers hommes libres », « des hommes bleus » par référence à la couleur de leurs turbans, etc.

1-3) Le premier soulèvement indépendantiste des Tuaregs. En 1963, trois ans après l’accession du Mali à l’indépendance, les Tuaregs et leurs alliés arabes déclenchent leur première lutte d’indépendance. Patriote convaincu, fraîchement sorti d’une colonisation sans pitié, Modibo Keïta, chef de l’État de l’époque, a déployé les moyens militaires nécessaires pour faire taire leur revendication inacceptable.

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Par ailleurs, en reconnaissance à l’aide que le pays a apporté au Front National de Libération de l’Algérie ( F.n.l.a ), Houari Boumedienne, le Président de l’Algérie devenue indépendante, n’a pas hésité à arrêter, à sa demande, et à lui livrer les leaders tuaregs réfugiés dans son pays.

1-4) Le second soulèvement indépendantiste des Tuaregs. Les Tuaregs ont mis vingt-sept ( 27 ) ans pour digérer la sévérité de la réaction de Modibo Keïta. Ils ont eu le temps et les moyens de s’organiser autour de deux mouvements : le Mouvement Patriotique de l’Azawad ( M.p.a ) et le Front Islamique et Arabe de l’Azawad ( F.i.a.a ). Il est intéressant de noter qu’ils ont déjà rebaptisé l’ancien territoire de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes ( O.c.r.s ) qu’ils convoitent. Il n’est pas moins intéressant de noter que leur lutte d’indépendance ne vise que le Mali et le Niger, deux pays négro-africains ; l’Algérie et la Mauritanie ne sont pas concernées. Il en 1990, ils reprennent les armes contre le Mali alors dirigé par le Général Musa Traoré, sans doute convaincu que ce dernier n’a pas la dimension politique ni la détermination de son prédécesseur. Pour mettre fin au conflit, le Général Musa Traoré commet la grave erreur d’accepter, l’année suivante, d’exporter les négociations en terre étrangère, précisément à Tamanrasset, en Algérie. Ce faisant, il reconnait, implicitement, à la fois la justesse de la lutte armée des Tuaregs et leur non appartenance à la nation malienne.

1-5) Une succession de soulèvements. La brèche ouverte par le Général Musa Traoré s’élargit rapidement avec l’apparition de deux nouveaux groupes armés : Le Front Populaire de Libération de l’Azawad ( F.p.l.a ) et l’Alliance Révolutionnaire de Libération de l’Azawad ( A.r.l.a ). Avec les deux premiers, ils forment les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad ( M.f.u.a ), qui s’illustre en décembre 1991, après le renversement du régime de Mousa Traoré, par la prise en otage d’une dizaine de militaires dont un officier.
D’autres agressions suivront jusqu’en avril 1992 où intervient un cessez le feu, avec la signature d’un Pacte National, sous la transition assurée par Amadou Tumani Turé dit ATT. Le Pacte National fera l’objet de plusieurs violations dont seules les populations noires sont l’objet.
Le laxisme du gouvernement obligera les populations noires à former des groupes d’autodéfense sous la bannière du Mouvement Patriotique Ganda Koy. Devant la détermination du Mouvement Patriotique Ganda Koy à rendre coup pour coup aux Tuaregs et devant ses nombreux succès, le gouvernement sort de sa léthargie et s’implique un peu plus dans la gestion militaire de la crise.
En 1996, le Pacte National revisité aboutit aux Cérémonies des Flammes de la Paix organisées par le successeur d’ATT, Alpha Oumar Konaré, avec les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad ( Mfua ). Le trait marquant de ce nouvel accord est la destruction de 3000 armes et l’incorporation, dans les différents corps en uniforme, de 1435 touaregs et arabes dont quelques leaders seront installés au sommet de la hiérarchie des États Majors de la Défense Nationale et de la Sécurité Intérieure.

II) Le tournant. Jusque là, et dans son ensemble, sous le contrôle de l’armée malienne, les régions du nord du Mali commencent à devenir une zone de non droit sous le régime d’ATT.

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2-1) En avril 2006, le Président libyen, feu Mouammar Kadhafi, profite de son passage au Mali, à l’occasion de la célébration du Maoulud, date anniversaire du prophète des musulmans, pour faire la déclaration suivante sur les antennes d’Africable : « Le Grand Sahara a été, à travers l’histoire, une zone d’intégration et de fusion de peuples s’étendant du fleuve Sénégal jusqu’à la péninsule arabique, qui ont une seule origine arabe et qui se sont installés depuis plus de cinq mille ( 5000 ) ans. »
Cette sortie révisionniste, à l’évidence, n’a pas été démentie par les autorités maliennes qui semblent à court d’argument pour rappeler les trois réalités ci-dessous :
- Il y a cinq mille ( 5000 ) ans la race arabe n’existait pas. Ayant pour ancêtre Ismaïl ( de l’aveu même des Arabes ) fils d’Abraham et de la Kamite ( l’Égyptienne ) Agar, né à Kamita ( Égypte ) durant le séjour du patriarche hébreu sous la 12ème dysnastie, c’est-à-dire vers 2000 ans avant J.C, le peuple arabe a tout au plus 4020 ans, soit 2000 + 2012 + une majoration forfaitaire de 8 ans.
- Lorsqu’ils ont décidé d’abandonner le nomadisme pour se fixer dans le nord du Mali, notamment, les Arabes y ont trouvé les Sonrhaïs, sédentarisés depuis la nuit des temps.
- Les villages, rues, cours d’eaux, la faune et la flore de l’espace auquel fait référence Mouammar Kadhafi ne portent aucun nom arabe ou tuareg ; mais plutôt des noms sonrhaïs ; ce qui témoigne de l’antériorité de ce peuple négro-africain.
Encouragés par le silence coupable des autorités maliennes, les sécessionnistes tuaregs et arabes, sous la conduite de deux officiers tuaregs déserteurs de l’armée malienne, Fagaga et Bahanga, reprennent les armes dès le mois suivant la déclaration pour voler aux premiers occupants les terres léguées par les Ancêtres de ces derniers. Deux mois plus tard, ATT accepte, à son tour, d’exporter le règlement du conflit à Alger. Les accords signés à Alger par les Autorités maliennes et l’Alliance Démocratique du 23 mai 2006 pour le Changement qui représente les Tuaregs et les Arabes est le début d’un véritable abandon de souveraineté. En effet, dans l’article trois du dit accord, le Ministre malien de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafuguna Koné, accède, avec l’accord d’ATT, à deux exigences insupportables des sécessionnistes ; à savoir, poursuite de la démilitarisation du nord du pays, déjà annoncée dans le Pacte National, création d’unités spéciales de sécurité composées essentiellement d’éléments nomades, donc de Tuaregs et d’Arabes.

2-2) L’installation d’Aqmi et des narcotrafiquants. La nature n’aimant pas le vide, Aqmi et les narcotrafiquants occupent le terrain et confortent rapidement leurs positions. Par les prises d’otages et le convoyage de drogues en provenance ou à destination de l’Europe, ils font plus parler d’eux que les indépendantistes tuaregs et arabes qui s’illustrent par quelques agressions. L’armée malienne n’intervient pas sur ordre de sa hiérarchie dont plusieurs membres sont impliqués dans le trafic de stupéfiants. Certains officiers supérieurs patriotes, comme le chef d’État major des Armées, le Général Gabriel Poudiougou, préfèrent démissionner de l’armée plutôt que d’obéir aux ordres qui les empêchent de remplir leur mission de protection du peuple. À l’inverse du Mali, la Mauritanie traque et poursuit tous ceux qui opèrent sur son territoire.
C’est ainsi que le Mali est devenu le seul pays au monde où des forces armées étrangères régulières et

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terroristes, viennent régler leurs comptes sur ses terres en toute impunité.

2-3) L’accueil des forces armées libyennes après la chute de Mouammar Kadhafi. À la fin de la guerre de Libye, les Touareg et les Arabes de l’armée libyenne, né en Libye dans leur grande majorité, mais qui n’ont pas souhaité passer sous les ordres des nouvelles autorités du pays, se rappellent leurs lointaines origines maliennes, pour certains, et nigériennes pour d’autres. Le Niger, dont le chef d’État, Mahamadou Issoufou, est pourtant un civil refuse d’accueillir ceux qui se prétendent de son pays, avec leurs équipements militaires. Il exige et obtient leur désarmement. Le Mali n’ayant pas de frontière commune avec la Libye, ATT demande à son homologue du Niger d’aménager un corridor jusqu’au Mali pour le déplacement de ceux qui se disent du pays. Non seulement il ne prend pas la précaution élémentaire de s’assurer que se sont de vrais Maliens, mais il les autorise à entrer au Mali avec armes et bagages et les reçoit officiellement au Palais Présidentiel pour leur offrir plusieurs centaines de millions de f/cfa aux fins de leur installation.
Sans tarder, ils dévoilent leurs véritables intentions en éconduisant une délégation parlementaire qui souhaitait les rencontrer.

2-4) Le déclenchement de la guerre d’occupation. L’armée malienne compte 22.000 hommes et femmes, tous corps confondus. Ils sont commandés par plus de 50 Généraux dont 50 ont été nommés par ATT durant ces 10 années de pouvoir. Cette armée au commandement pléthorique dispose de : 4 hélicoptères d’attaque Mi-24 de marque soviétique dont 2 sont en panne ; 2 avions de chasse Marchetti de fabrication italienne offerts par la Libye en 2010, qui ont épuisé leur réserve de carburant spécial ; 6 petits avions de surveillance ; un vieux Basler américain de transport de troupes acheté en 2003 ; 40 automitrailleuses blindées BRDM et 40 blindés de transport de troupes BTR équipés de canons de moyenne portée.
En face, les anciens soldats de Mouammar Kadhafi disposent de canons de longue portée et d’autres armes beaucoup plus modernes et performantes que celles de l’armée malienne à l’évidence sous équipée. Parfaitement informés de la faiblesse de feu de l’armée régulière, les assaillants, animés par des philosophies différentes, concluent une alliance objective pour atteindre le but commun qui est de se partager la partie nord du Mali. Le Mouvement National de Libération de l’Azawad ( Mnla ) veut la « décolonisation » de l’Azawad, selon les propos d’un de ses porte-parole ; Aqmi ambitionne de garder sa zone de non droit ; Ançar Dine est déterminé à imposer la charia dans toute la région et particulièrement à Tombuctu où cela a déjà commencé. Les intentions de Mujao et de Boko Haram sont peu connues. Commencée le 17 janvier, leur avancée est fulgurante. Ils prennent Tessalit, point stratégique dont le contrôle de l’aéroport leur permettra de recevoir armes et munitions du Qatar et d’ailleurs.
Ils prennent Ménaka, Abelbara, Andéraboukane, Kidal, Léré, etc. et surtout Aguel Hoc ou 70 soldats faits prisonniers seront ligotés et abattus d’une balle dans la tête. L’armée malienne alerte sa hiérarchie sur sa situation précaire et demande des renforts et des munitions qu’elle n’obtient pas. Incapable de mettre au point une seule stratégie pour contenir l’avancée ennemie, la pléthore de Généraux, dont 19 de

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l’armée de terre et 6 de l’armée de l’air se réfugie dans le silence. Afin de stopper l’hémorragie, les troupes abandonnent leurs positions les unes après les autres. Durant toute la guerre d’occupation, l’Office de Radiotélévision du Mali ( Ortm ), la « voix » et les « yeux » de son maître ne diffuse pas la moindre information en provenance du front. Et quand les radios privées tentent de combler ce vide en relayant les témoignages recueillis, par téléphone portable, auprès de la population des zones concernées, les Ministres de la Défense et de l’information les accusent de faire courir des rumeurs infondées et les menacent de sanctions. Ne pouvant supporter le silence des autorités et surtout l’hécatombe et l’humiliation de leurs époux et enfants, les femmes et les mères des soldats sur le front marchent sur le Palais Présidentiel, quelques semaines avant la chute d’ATT, et l’obligent à les recevoir.

2-5) Les mensonges d’ATT ou la goutte d’eau qui a fait déborder la calebasse. Dans un entretien dont certains passages seront censurés, les visiteuses en colère mettent en évidence la responsabilité d’ATT qui se décharge, sans émotion, sur la hiérarchie militaire dont il affirme qu’elle est pourvue en moyens nécessaires pour répondre aux attentes de leurs époux et de leurs fils. Acculé par les questions et les témoignages de ses interlocutrices, il finit par reconnaître, implicitement, l’existence de taupes qui renseignent les assaillants sur l’acheminement des armes et des munitions sur les fronts. Il promet, néanmoins, de prendre rapidement toutes les dispositions utiles pour satisfaire les exigences des soldats sur le front Ne voyant rien venir, des militaires de la garnison de la ville de Kati, composé essentiellement d’officiers subalternes et d’hommes et de femmes de troupes, décident de prendre les choses en mains.
Ils investissent tous les entrepôts sensés contenir les armes et les munitions dont leurs frères d’armes ont besoin. Ils étaient tous vides ou presque.

III) Le renversement d’ATT.

À l’évidence, la centaine de milliards du budget national, affectée chaque année au Forces de Défense et de Sécurité a été détournée volontairement vers d’autres destinations, et par conséquent, au détriment de leur équipement en armes modernes. Convaincus que l’Armée a été trahie par ATT, son chef suprême, le sentiment des militaires en rébellion est largement partagé par le peuple malien qui pense, dans sa grande majorité, qu’ATT a sciemment abandonné le nord aux tuaregs et aux arabes.

Si certains défendent l’hypothèse d’une influence directe de Mouammar Kadhafi, qui ambitionnait la création des États Arabes du Sahara, qui a ouvert un consulat à Kidal où il n’y a aucun Libyen, et à qui ATT ne semble rien pouvoir refuser, d’autres pensent que l’Ancien Président malien lui a tout simplement vendu cette partie du pays comme il avait déjà commencé à le faire avec la vente de hôtel de l’Amitié, la cession de 100.000 hectares de terres de l’Office du Niger et la possibilité d’investir dans plusieurs secteurs de l’économie nationale. Les Maliens se souviennent que le Président Libyen avait un tel ascendant sur ATT qu’il pouvait se permettre d’atterrir au Mali sans l’avertir.

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Cela a été le cas, il y a quelques années, alors qu’ATT était en déplacement dans la région de Ségu. Il a été contraint de revenir sur Bamako, toutes affaires cessantes, pour écouter cet hôte irrespectueux qui n’a même pas bougé de l’aéroport. Déterminés à en finir avec ce chef félon, les militaires se divisent en deux groupes dont l’un prend d’assaut le Palais Présidentiel et l’autre la station de Radiotélévision nationale.

ATT devra son salut à quelques-uns de ses gardes du corps qui le soustraient par un passage souterrain du Palais Présidentiel pour le mettre en lieu sûr. En quelques heures, le Palais Présidentiel tombe sous le contrôle des mutins, après quelques échanges de tirs avec les gardes qui finissent par les rejoindre. Aucune force de sécurité ni de défense n’ayant entravé leur marche, les mutins s’installent tranquillement à la station de Radiotélévision. Le 22 mars 2012, tôt le matin, ils confirment le renversement d’ATT et de son gouvernement incompétents par leur groupe dénommé le Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État ( C.n.r.d.r.e ).

IV) Le soulagement de la population.

Devant le constat de son école sabotée, de sa jeunesse sans avenir, de la cherté de la vie, de l’absence d’une politique de santé pour tous, et surtout face à l’apparition régulière de nouveaux millionnaires et de milliardaires qui n’ont pas gagné à la loterie, ni au tiercé, qui n’ont hérité d’aucune personne fortunée, devant la déliquescence du tissu social, l’aggravation du banditisme, etc., la population accueille les militaires comme des libérateurs. Pas une seule âme des quartiers populaires ne descend dans la rue pour réclamer le retour d’ATT.

Bien au contraire, les manifestations de soutien se multiplient hors ou à l’intérieur du Mouvement Populaire du 22 mars 2012, ( Mp22 ), créé spontanément à cet effet et qui regroupe une cinquantaine d’associations et quelques partis politiques dont la Solidarité Africaine pour le Développement et l’Indépendance ( S.a.d.i ), le Bara et la C.p.m.

V) La peur des chefs d’État de la Cédéao.

D’Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, à Blaise Compaoré du Burkina-Faso, en passant par Yayi Boni du Bénin, la presque totalité des chefs d’État de la Cédéao est arrivée au pouvoir par des moyens illégaux : massacre de milliers de personnes, assassinats de compagnons d’armes et/ou d’opposants, fraude électorale avérée.

Par ailleurs, aucun d’eux ne répond de façon satisfaisante aux attentes de son peuple dont le ressentiment se densifie chaque jour un peu plus. Ils restent donc tous sous la menace de la mésaventure vécue par d’ATT.

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D’autant plus que, selon certaines sources, le Capitaine Amadu Aya Sanogo, chef des mutins et ancien instructeur, aurait formé au centre de formation de la ville de Kulikoro, plusieurs militaires de leurs pays dont certains pourraient avoir accédé à des grades supérieurs et peut-être même être affectés dans les unités de leur garde présidentielle.
À ce titre, il pourrait faire des émules. Yayi boni en est certain qui a pris, récemment, le Ministère de la Défense de son pays sous son contrôle. Pour se mettre à l’abri, les chefs d’État de la Cédéao se montrent déterminés à ne tolérer aucun putsch, prétendant que la seule voix acceptable pour accéder au pouvoir est la voix des urnes dont ils savent pertinemment qu’elle est toujours truquée, justement par eux-mêmes à leur profit et dans l’intérêt de leurs mandants étrangers dont la France en tête.

Bien qu’ils refusent une intervention des militaires dans la vie publique, ils seraient prêts, néanmoins, à utiliser les mêmes contre leur population dans l’hypothèse d’un soulèvement de celle-ci. Ainsi, ils auraient applaudi des deux mains si ATT avait fait intervenir l’armée malienne en sa faveur pour réprimer un soulèvement populaire qui, de l’avis général, n’aurait pas manqué de se produire, tant la population était à bout de souffle.
Dans cette logique criminelle, plutôt que de décider le déploiement immédiat de troupes de la Cédéao afin de stopper, dans un premier temps, l’avancée des assaillants, qui ont pris entre temps Tombuctu et Gao, et, dans un second temps, d’entreprendre, toujours avec l’armée malienne, la reconquête de l’intégrité territoriale du Mali, ils préfèrent tenter de faire plier le CNRDRE en imposant un embargo total au pays dont ils savent, pourtant, qu’il ne touchera véritablement que les couches les plus fragiles de la population.

L’acharnement contre le CNDRE, significatif de leur désarroi, leur fait fouler aux pieds l’Accord Cadre, accepté par eux-mêmes et signé par leurs représentants avec les militaires maliens.

Alors que l’Accord Cadre stipule que le CNRDRE doit jouer un rôle important dans la conduite de la transition, ils exigent de lui, lors de leur sommet du 26 avril 2012 à Abidjan, qu’il rentre dans les casernes et, dans leur foulée, ils humilient tous les militaires maliens en décidant également d’envoyer des troupes de la Cédéao pour sécuriser, en leurs lieu et place, les organes de la transition. Le CNRDRE rétorque, avec raison, que le contenu de l’Accord Cadre reste inchangé et engage le bras de fer avec eux. Non contents d’humilier les militaires maliens, les chefs d’État de la Cédéao récidivent à l’endroit de tout le peuple malien auquel elle se substitue, de plein droit, lors du même sommet, pour lui désigner un chef d’État de transition et pour fixer à sa place la durée de cette transition.
C’est aussi à cette même occasion, que la Cédéao découvre son vrai visage de syndicat de chefs d’États capables de tout pour défendre leurs intérêts personnels et continuer de jouer leur rôle de nouveaux gouverneurs de l’Afrique au service de la France néocoloniale. Elle ose exiger des autorités maliennes l’organisation du retour au pays et la protection d’ATT ainsi que de sa famille ; en clair elle veut obliger

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le peuple malien à accueillir, en héros, celui qu’il considère maintenant comme un véritable traitre à la nation et qu’il tient absolument à traduire en justice.

Unanimement condamnées, à l’exception de deux ou trois voix discordantes et du silence incompréhensible du Premier Ministre pourtant investi des pleins pouvoirs, toutes ces décisions sont considérées comme nulles et avenues par la population malienne.

VI) L’affolement des délinquants financiers nationaux.

Au Mali, comme partout sur le continent africain, les délinquants financiers appartiennent, pour l’essentiel, à la classe politique. Par peur de voir le Cnrdre confier à la justice les nombreux dossiers qu’il a commencé à collecter sur plusieurs personnalités du monde politique, certains grands partis dont l’Adema-Pasj de Dioncounda Traoré, l’Urd de Soumaïla Cissé, le Pds d’Ahmed Diané Sémaga et certaines personnalités, comme l’ancien Premier Ministre Modibo Sidibé, etc., se regroupent au sein d’une organisation dite Front Uni pour la Sauvegarde et la Défense de la République ( Fdr ).

Disposant de moyens financiers conséquents et de réseaux multiples, le Front est l’invité privilégié des médias, particulièrement de Radio France Internationale ( RFI ) première armée de la France toujours coloniale et spécialiste de la désinformation ; ce qui lui permet d’informer et surtout de désinformer l’opinion publique internationale, selon les circonstances. Il réclame le retour à la vie constitutionnelle, le rétablissement de toutes les institutions dissoutes par les militaires et le retour d’ATT au pouvoir.

Ayant vite compris que cette dernière exigence risquerait de le compromettre, tant l’image du Président déchu est négative, il finit par l’envoyer aux oubliettes. Du fait de la campagne de désinformation qu’il mène avec succès, l’opinion publique, nationale et internationale, en veut aux militaires maliens d’avoir fait leur coup à deux mois seulement de l’élection présidentielle.
Pourtant, il n’est pas nécessaire de sortir d’une grande à l’occidentale ni d’un grand centre initiatique à l’africaine, pour comprendre qu’aucun pays digne de ce nom, ne peut maintenir des élections, même programmées longtemps à l’avance, dans un contexte où une partie de son territoire est occupé et où plusieurs centaines de ses citoyens sont en exil. Le fdr le sait ; mais il a un travail indigne à faire avec la plus grande malhonnêteté intellectuelle.

Pour soustraire à la justice certains de ses membres et/ou pour les porter au pouvoir, un cacique du sérail, ancien de l’Union Monétaire Ouest Africaine ( Umoa ) et proche de certains chefs de la Cédéao dictera et obtiendra de cette dernière l’application de l’embargo total sur le Mali. C’est dans le domicile de ce même cacique du sérail et celui d’un autre, ancien grand dignitaire du régime déchu, que des stocks d’armes inconnues de l’armée malienne seront découverts, entre le 16 et 18 d’avril 2012, sur

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dénonciation de militaires loyaux qu’ils avaient rémunérés pour un coup de force contre le CNRDRE et le Capitaine Amadu Aya Sanogo.

À la fin du même mois, le 30 avril, les intentions déstabilisatrices des ennemis maliens de leur propre peuple se concrétisent. Avec l’appui de l’étranger, une opération de grande envergure, qui a mobilisé des mercenaires recrutés dans plusieurs pays d’Afrique en appui à quelques éléments des commandos paras dits les bérets rouges, est lancée contre la télévision nationale, l’aéroport international de Bamako et le camp militaire de la ville garnison de Kati où se trouvent le Cnrdre et son chef.

L’objectif, planifié par les leaders du Front uni, avec l’aval de la Cédéao est à la fois d’éliminer physiquement le Capitaine Amadu Aya Sanogo, de permettre l’atterrissage des troupes de la Cédéao et d’imposer au Mali toutes les autres décisions illégales prises à l’occasion de son sommet du 26 avril 2012.
Après une nuit de confusion, le calme revient progressivement à Bamako et à Kati, les forces loyalistes ayant repris la situation en main et fait plusieurs prisonniers parmi les bérets rouges et les mercenaires. Le bilan des affrontements est lourd avec, selon certaines sources non encore confirmées, plusieurs dizaines de morts et de blessés, parmi lesquels des civils atteints par des balles perdues.

Jusqu’au 02 mai 2012, en début d’après-midi, Le Président par intérim ni le Premier Ministre n’ont fait de déclaration aux médias sur les événements tragiques qui viennent d’ébranler leur pays. Seul le porte-parole du gouvernement, le Ministre de l’information, est apparu à la télévision nationale, le 1er mai 2012, non pas pour condamner, de façon claire et nette, l’intolérable agression armée subie par le pays, mais seulement pour déplorer, au nom du Premier Ministre, les morts et les blessés et présenter ses condoléances aux parents des défunts.

La question que tout le monde se pose est de savoir si le Président par intérim et le Premier Ministre sont propres dans cette affaire. Car, dans son intervention du 02 avril 2012 à 13 heures, le Premier Ministre, qui a avoué son intention première d’avoir voulu attendre le retour définitif du calme avant de s’adresser à la nation, a certes évoqué les tragiques événements du 30 avril 2012, mais il ne les a jamais condamnés ouvertement ni promis, comme le Cnrdre, que leurs auteurs, en particulier leurs complices locaux seront démasqués et poursuivis en justice.

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