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Esclavage, Petites hypocrisies entre amis, Episode 2.

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B - Atomisation de la thèse d' Olivier Pétré-Grenouilleau :

Il faut savoir que les mots " esclave " et « esclavage », utilisés pour décrire une situation d'asservissement déshumanisé d'hommes et de femmes à un seigneur ou maître, n'existent pas en langue hiéroglyphique !

On trouve tout au plus, le mot " bak " qui désigne le " serviteur ".

C'était un homme libre, marié ou non et salarié pour son travail ( la graphie « bak » représente un homme libre. Le féminin est « bak.t » ).

On a ensuite le mot " hm " ( hem ) qui désigne aussi le « serviteur » mais il faut savoir que ce même terme, s'applique aussi à pharaon, aux prêtres et aux dignitaires.

Ainsi dans les textes, pharaon est très souvent désigné par le terme « hm=f » traduit par « sa majesté ».

Enfin, le mot " Sekher ankh " à savoir " vivant blessé " s'appliquait exclusivement aux captifs de guerre. A ce titre, le constat de Jules Baillet, égyptologue et auteur d'une étude linguistique sur la question, est particulièrement explicite :

« Pour désigner l'esclave, la langue égyptienne n'a pas de mot spécifique. Ce n'est pas qu'elle manque de termes pour exprimer les idées de subordination, de travail, de services. Au contraire, elle rend ces idées par des termes nombreux. Mais aucun d'entre eux ne correspond exactement à l'idée de servitude, c'est-à-dire de possession de la personne corps et biens, de sujétion et de dégradation, comme les mots latin ou grec « servus », « doulos ». Ni leur emploi, ni leur sens intime et leur étymologie, autant qu'on peut les saisir, ne les vouent à cette signification ».
( Cf. Jules Baillet, Les noms de l'esclave en égyptien, RT 26, 1905, P. 32-38 )

C'est à peu près ce que révèle l'égyptologue Alain Anselin à propos du terme « hm » dont le féminin
« hm.t », désigne... une femme mariée :

« Il nous parait toutefois ( le terme « hm » ) exprimer originellement une relation de dépendance et non une relation de propriété puisque l'égyptien y recourt pour qualifier la majesté pharaonique « hm=f » ( sa Majesté ), la prêtrise la plus élevée « hmk3 » et en opposition à « s.t » la femme, « hm.t », l'épouse ». 

( Cf. Alain Anselin, Samba, éd. de l'U.N.I.R.A.G. ; Unité de Recherche-Action Guadeloupe ).

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