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Esclavage et Traite, interview de Jean Philippe Omotunde sur le revers de l'Education Nationale.

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commencé à acheter des captifs aux négriers africains. C'est d'ailleurs un des arguments majeurs de Grenouilleau. C'est cela qui s'est réellement passé ?

JPO : Sur la base du testament historique des navigateurs portugais arrivés en premier sur le continent africain dès le XVème siècle, l'historien Serge Daget qualifie lui-même le comportement des Européens « d'agression terroriste ». Les Portugais parlent de kidnapping, de bombardement des côtes à partir des bateaux en rade, de rafles armées nocturnes de villages sans défense, de demandes de rançons en or en échange de libération de captifs, etc... Je pense objectivement que ceux qui parlent de collaborations africaines sont en état de cécité mentale.

S. M'Bocké : Mais tous disent que la livraison des captifs étaient à 100 % assurés par des Africains. Même les historiens noirs.

JPO : Je sais, l'argument majeur des historiens eurocentristes est de dire que la Traite était une affaire afro-africaine. Mais cet argument irrationnel est même risible. Soyons sérieux, les Européens ont fourni 100 % des armes de destruction massives ( fusils, canons, poudre à canon, barre de fer, couteaux, épées, etc... ), 100 % du matériel logistique ( fouets, carcans, chaînes, menottes, etc... ), 100 % de l'infrastructure (forts, comptoirs, bateaux, etc...), 100 % du financement (via les sociétés d'actionnariat) et 100 % des salaires. La vraie question est donc la suivante. Peut-on aller devant un tribunal, reconnaître officiellement que l'on a fourni toutes les armes et le mobile d'un crime et sortir sans la plus lourde des condamnations ?

S. M'Bocké : Ok, mais néanmoins, il y a bien eu des négriers africains dans l'affaire ?

JPO : Sylvia, sur la base de documents authentiques, émanant de familles négrières françaises, je vais vous faire la révélation suivante, car il faut mettre un terme à la supercherie historique. Ces documents révèlent que 65 % des vendeurs de captifs étaient en fait des métis européens. Je dis bien des métis européens car ces derniers ne parlaient presque plus leur langue maternelle africaine, portaient des noms européens, étaient baptisés dans la religion chrétienne, avaient grandi en Europe et avaient été reconduits en Afrique où il étaient payés et armés par les couronnes européennes.

Après, 20 % du commerce était entre les mains de négriers 100 % blancs ( bordelais et nantais essentiellement ) et les 15 % restant était entre les mains de noirs à 100 % qui opéraient aussi dans ce commerce. En y regardant de près, ces noirs, allez savoir pourquoi, étaient ceux qui trafiquaient le moins de captifs en terme de volume annuel. Enfin, ce sont les gouverneurs des châteaux forts qui vendaient les captifs aux négriers européens, qui entreposaient les captifs dans les cachots en

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