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Aurélie Bayimbi, 17 ans, du Lycée Pernock-le-Lorrain : " Je réclame le soleil de la conscience "

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travailleur, certes, mais rémunéré en fonction de son assiduité. Il est traité en fonction d'un passé esclavagiste qu'on lui demande par ailleurs d'oublier.
On le prive, je cite, " du temps de la gestion mentale du bouleversement social lié en mai 1848. Il n'a ni le temps du deuil ni celui de la jouissance. Seul celui de continuer de travailler pour ces anciens maîtres lui est accordé ".

C'est alors plein d'espoir que l'on se tournerait vers l'école pour l'éradication d'une aliénation culturelle et historique. Mais il faudrait se contenter d'une simple répétition de l'histoire coloniale en marche, car l'école républicaine fut le haut lieu de l'exécution de l'âme martiniquaise ! Les bienfaits de la colonisation y furent enseignés aux écoliers comme on apprend le Notre-Père par cœur, sans même savoir l'écrire !

Alors que, et je me permets de citer Césaire, la colonisation fut synonyme de " cultures piétinées, de terres confisquées, d'extraordinaires possibilités supprimées ", notamment avec l'instruction systématique en français, langue alors dite de prestige et de promotion sociale, qui relégua le créole au rang d'idiome vulgaire, reflet dune passé honteux.

Les petits Martiniquais ne reçurent donc aucun enseignement de l'histoire de la Martinique, noyés dans le Rhône et la Garonne et savamment ridiculisés, je l'avoue, par les casques de fer et les mèches blondes de leurs prétendus ancêtres les Gaulois. Sous la houlette des grands créoles, du clergé et des enseignants, le chaos identitaire issu d'une francisation exacerbée et aliénante fonctionna à merveille. Aujourd'hui encore, l'omniprésence de l'esclavage dans les esprits persiste. Cent cinquante-sept ans plus tard, le crime est toujours intact Cent cinquante-sept ans plus tard, le crime est toujours intact et les traumatismes engendrés par les mécanismes sévissent.

Le Martiniquais continue de développer un complexe d'infériorité évident. Le père, réduit au rôle de géniteur du temps de l'esclavage, reproduit ce schéma dans la structure familiale actuelle, où il est déresponsabilisé, au profit de la femme dite " poto-mitan " de la société. Les critères esthétiques influencés par le modèle de type européen qui exalte la finesse des traits, la blancheur de la peau poussent encore le Martiniquais à vouloir " blanchir sa race ", " chaper la peau ", comme on dirait en créole.
Le Martiniquais en vient à renier ses origines, parfois sa culture et même sa langue. Il a encore honte de sa peau.
De lui-même.
D'être noir.

L'acquisition de connaissances quant à la période esclavagiste est donc cruciale pour que les langues

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