Se connecter - S'inscrire

Afro-argentins rayés de l'histoire.

Partager

comme un écriteau publicitaire qui vante notre ' infériorité ' et notre ' dangerosité ' ; tout vela doit être mis en échec et il nous faut remettre en question la ' blanchitude ' transformée en mythe par notre histoire, et acceptée de manière consensuelle par la société.

Ce stigmate devient une partie de nous, mais une partie refoulée, douloureuse, quelque chose dont on
( ne ) peut parler.

On se rend peu à peu compte qu'on est ' différent ', la brebis noire dans le troupeau, une espèce de
' vilain petit canard ', que presque personne ne traite comme un être égal aux autres.

Pour emprunter les mots de James Baldwin : ' Les gens nous regardent comme si nous étions des zèbres. Et vous savez, il y a des gens qui ont de la sympathie pour les zèbres et d'autres non. Mais personne ne traite les zèbres comme des personnes... ' Dans la rue, on nous regarde comme une chose curieuse, étrange.

Au moins, une fois par jour, une dame blonde ou un monsieur bien éduqué me demandent : Et vous, d'où venez-vous ?

D'autres essaient de t'aider ( répétant le schéma familier ) en te traitant comme un animal de compagnie ou en te touchant les cheveux, car ils disent que ' ça porte chance '.

Le mythe sexuel est le plus traumatisant, être noire, c'est être chaude, c'est toute une garantie de plaisir érotique, quelque chose que tout le monde accepte.

Lorsque j'étais plus jeune je me demandais souvent pourquoi les blanches ne montraient jamais leurs seins à la télévision, alors qu'on exhibait toujours les femmes noires et aborigènes avec leurs grosses et belles poitrines à l'air. Il faut aller chercher l'origine de ce mythe dans les viols que nos grands-mères esclaves subissaient systématiquement et en silence, non seulement dans les plantations, mais aussi dans les maisons familiales où elles travaillaient. On essaye dès lors de trouver des semblables, on cherche l'égal. Ce phénomène se produit à deux niveaux, l'un général, en se regroupant et en sympathisant avec d'autres ' différents ', qui portent aussi le stigmate ; et l'autre spécifique, en essayant de nous joindre à d'autres noirs, qui en général sont seuls et abandonnés, errant aussi démunis et désorientés que nous.

Une série de conséquences en découlent.

Tout d'abord, on commence à s'informer, à se rendre compte que nous avons une identité ethnique, que

1 - 2 - 3 - 4 - 5