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Afro-argentins rayés de l'histoire.

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disparitions, jusqu'à la disparition de notre existence dans la mémoire collective. Ils nous ont rayé de l'histoire, nous n'existons pas, nous n'avons rien apporté. Nous sommes une curiosité exotique.
Il est impossible de comprendre cette réalité si on n'analyse pas le mythe de ' l'Argentine Blanche ', un mythe qui se construit vers la fin du siècle dernier avec ce qu'on a appelé la ' Generation de 1880 ' pour laquelle l'œuvre de Domingo Faustino Sarmiento et Juan Bautista Alberdi s'inscrit comme antécédent et référence idéologique.

Le mythe de l' " Argentine blanche et européenne " Sarmiento voyait bien que les habitants de notre pays n'étaient pas blancs, mais plutôt métis et mulâtres.

Dans cette condition ' inférieure ' il crut découvrir l'origine de son ( de l'Argentine ) incapacité à organiser une démocratie civile. L'immigration est le seul espoir pour l'Argentine, disait-il. La pensée de Sarmiento est profondément raciste, soutient l'historien Nord américain Reid Andrews :

' Même si Sarmiento est considéré comme le père du système d'éducation argentin, il pensait que les idées et l'éclaircissement ( blanchiement ) ne s'apprennent pas autant qu'ils ne se transmettent génétiquement. L'instruction seule ne serait pas suffisante pour sortir l'Argentine de sa barbarie, il fallait qu'il y ait une réelle infusion de gènes blancs '.

Alberdi, dont l'oeuvre ' Base y Puntos de Partida para la Organización de la República Argentina ' a eu une importance capitale dans la Constitution Nationale de 1853, toujours en vigueur, soutenait que nous les Argentins 'sommes des Européens adaptés à la vie en Amérique. (...) Tout ce qu'on appelle civilisation en Amérique est européen '.
Il se différenciait de Sarmiento au sujet du métissage. Tandis que celui-ci s'y opposait totalement et défendait l'idée d'un développement séparé des races, Alberdi par contre souhaitait le mélange racial,
' puisque les gènes blancs sont supérieurs, le mélange des races produirait une amélioration indéfinie de l'espèce humaine '. Ces idées étaient ( et le sont encore dans beaucoup de cas ) partagées par l'immense majorité de la population.

Cela génère une société dans laquelle, naître ' différent ' ou avoir des habitudes ' différentes ' qui rompent avec l'uniformité officialisée entraîne des conséquences qui se manifestent de plusieurs manières, mais qui fondamentalement blessent l'auto estime des personnes discriminées, provoquent la honte, la timidité ou conduisent directement à l'aliénation, parce qu'on veut être ce qu'on n'est pas, et qu'on finit par n'être rien du tout.

Le stigmate de notre différence Dans ce pays fièrement ' européen ' et prétendument ' blanc ', naître avec toutes les caractéristiques et la couleur de nos ancêtres génère un stigmate qu'il faut porter

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