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Afro-argentins rayés de l'histoire.

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plus haut, et les chiffres de 1760 qui nous semblent peu crédibles parlent de moins de 20%.
Dame Lina Beck-Bernard raconte dans ' Cinco Años en la Confederación Argentina ' le malaise que provoque en chaque habitant de Santa Fe le soulèvement du Général José de Urquiza ( possiblement en septembre 1852 ) en ce qu'il envisageait la liberté des esclaves et donne une idée du nombre d'esclaves existants à une époque aussi avancée du siècle dernier :

' Mme D. était propriétaire jusqu'à ce matin de 30 ou 40 serviteurs, et voilà que ce soir elle s'est vue obligée de travailler elle-même dans la cuisine pour préparer le repas, et c'est également le cas pour chaque propriétaire de ces exploitations agricoles dans lesquelles travaillaient jusqu'à 100 esclaves, qui allaient se retrouver seuls et abandonnés par leur main d'œuvre d'un moment à l'autre. '

Rayés de l'histoire Mais, tout d'un coup, comme par magie, vers la fin du XIXième siècle nous avions miraculeusement disparu, pour le plus grand bonheur de la société en général.

À ce sujet, il est intéressant de lire un paragraphe du Recensement de 1895 : ' Bientôt, l'Argentine n'aura qu'une population totalement unifiée, formant une nouvelle et belle race blanche, produit du contact de toutes les nations européennes fécondées sur le sol américain. ' Les historiens essaient d'expliquer la 'disparition' des Afro argentins en insistant sur la participation massive de ceux-ci à toutes les guerres du siècle dernier. Nos grands-parents étaient de la chair à canon pendant les invasions anglaises de 1806-1807 ; ils ont traversé, beaucoup d'entre eux enchaînés ( détail à vérifier, dans la mesure où il n'est généralement pas recommandé de donner des armes à des gens enchaînés ), les Andes, pour intégrer l'Armée Libératrice de San Martín, arrivant même jusqu'à Lima ; ils ont participé aux innombrables guerres intestines du pays, et le coup de grâce fut sans doute la néfaste Guerre de la Triple Alliance contre nos frères paraguayens.

Trois autres causes supplémentaires sont à signaler : la forte mortalité, associée à une faible natalité, conséquence des épouvantables conditions de vie qu'ils subissent ( il est important de rappeler l'épidémie de fièvre jaune qui a frappé Buenos Aires et particulièrement les Afro-argentins ) ; la fin du trafic des esclaves stipulée par l'Assemblée de l'An XIII ( même si dans les faits, l'arrivée d'Africains se poursuivait. mais clandestinement, c'est à dire dans des conditions encore plus inhumaines ; sous le gouvernement de Don Juan Manuel de Rosas,1835-1852, le commerce des esclaves reprend à deux occasions ) ; et finalement, on évoque un métissage accru, dans un contexte de manque d'hommes à cause de leur engagement dans les guerres ; enfin l'arrivée d'immigrants blancs venus d'Europe fut un phénomène massif à partir de 1850.

Il ne faut pas oublier le fait que de nombreuses femmes noires se sont mariées avec des blancs pour que leurs enfants aient de meilleures chances, étant donné le niveau élevé de racisme dans la société.
Ces quatre causes, très logiques et très raisonnables, n'expliquent tout de même pas la pire des

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